18 janvier 2013 / 11:37 / il y a 5 ans

Le Samu social de Metz accusé de sélectionner les SDF

STRASBOURG (Reuters) - Le Samu social de Metz, chargé de gérer les hébergements d‘urgence, est accusé par un collectif d‘associations d‘attribuer les places disponibles en priorité aux Français et aux demandeurs d‘asile, ce que dément la préfecture.

Le Samu social de Metz, chargé de gérer les hébergements d'urgence, attribue en priorité les places disponibles aux Français et aux demandeurs d'asile, a indiqué la préfecture de Moselle, confirmant la teneur d'un reportage diffusé par RTL. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard

Dans un reportage diffusé vendredi par RTL, un groupe de Roumains présents à Metz téléphone au “115”, à la recherche d‘une place pour la nuit, et se voit répondre qu‘il n‘y en a plus de disponible pour eux.

“Le problème, c‘est qu‘on les attribue aux personnes de nationalité française et aux demandeurs d‘asile pour le moment”, répond l‘interlocutrice de l‘association Relais, qui gère le Samu social à Metz.

Selon Denis Maciazek, porte-parole du Collectif mosellan de lutte contre la misère, ces Roms vivant dans un campement près d‘une voie ferrée du quartier du Sablon seraient au nombre de 29 dont cinq enfants.

“Ils ont signé une lettre nominative au préfet disant qu‘ils ont appelé le 115 et qu‘ils n‘ont pas obtenu d‘hébergement. Ce sont des personnes qui viennent de Roumanie”, a-t-il précisé à Reuters.

Environ 35 demandeurs d‘asile - un statut auquel ne peuvent prétendre les Roumains -, seraient par ailleurs installés dans une ancienne caserne désaffectée de la ville, selon lui.

“ C‘est toujours la même politique qui s‘applique, de tri des personnes à la rue, les Français en premier, les étrangers en second, avec en priorité les familles avec enfants, les familles sans enfants et les personnes seules”, a-t-il ajouté.

“PEU CORRECT”

Du côté de la préfecture, on dément l‘existence d‘une hiérarchie selon le statut juridique des demandeurs d‘hébergement et on préfère attribuer à une « maladresse » la réaction de la standardiste du 115.

On affirme également que toutes les personnes qui en font la demande peuvent actuellement être hébergées, quitte à « pousser les murs ».

“Dire qu‘en Moselle les Roms passent après tous les autres me semble, de la part du collectif, peu correct”, a dit à Reuters Anoutchka Chabeau, directrice départementale de la Cohésion sociale.

Le campement de Roms a, selon elle, été vidé de ses occupants le 7 décembre après que 27 d‘entre eux se sont vu proposer un hébergement pérenne et un accompagnement dans une démarche d‘insertion.

La standardiste du 115 aurait été “surprise par une demande qui avait été résolue”.

“Mercredi, dans ce campement, il ne restait que quatre hommes. Il y a une demi-heure, l‘équipe mobile y a trouvé dix personnes dont un enfant. Des gens que nous ne connaissions pas hier matin. J‘en ai informé le 115”, reconnaît la directrice.

Plus de 2.500 personnes sans domicile bénéficient, selon elle, d‘un hébergement en Moselle, dont 1.065 dans des structures d‘urgence. “Entre le 7 et le 17 janvier, nous avons réussi à héberger 73 personnes supplémentaires”, affirme Anoutchka Chabeau.

Contacté par Reuters, le directeur de l‘association Relais, Michel Gocel, a dit ne plus vouloir parler aux médias. “On n‘a jamais refusé de communiquer, mais là, je trouve ça lamentable”, a-t-il justifié.

Gilbert Reilhac, édité par Sophie Louet

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