17 janvier 2013 / 13:12 / il y a 5 ans

L'Algérie tente de mettre fin à la prise d'otages

Vingt-cinq otages étrangers sont parvenus à s'enfuir mais six ont été tués jeudi dans l'opération lancée par l'armée algérienne sur le site gazier d'In Amenas, dans l'est de l'Algérie, a-t-on appris de sources algériennes. Les informations sur cette opération restent confuses et difficiles à confirmer. /Photo d'archives/REUTERS/Kjetil Alsvik/Statoil

par Lamine Chikhi

ALGER (Reuters) - Vingt-cinq otages étrangers sont parvenus à s‘enfuir mais six ont été tués jeudi dans l‘opération lancée par l‘armée algérienne sur le site gazier d‘In Amenas, dans l‘est de l‘Algérie, a-t-on appris de sources algériennes.

Les informations sur cette opération restent confuses et difficiles à confirmer. Selon l‘agence de presse mauritanienne Ani, qui cite un membre du commando islamiste avec lequel elle est en contact permanent, sept des otages étrangers sont toujours en vie. Il s‘agit de deux Américains, trois Belges, un Japonais et un Britannique.

Sans plus de détails, l‘agence algérienne APS indique quant à elle que quatre étrangers, parmi lesquels un Français, ont été libérés, ainsi que 600 employés algériens.

François Hollande a confirmé qu‘il y avait des Français parmi les otages, sans en préciser le nombre.

“La situation est très confuse sur ce site, elle évolue heure par heure. Dès lors, toute communication pourrait apparaître presque comme dépassée par les événements”, a dit le président français.

Les installations gazières d‘In Amenas sont occupées depuis mercredi matin par des membres de la “Katiba des Moulathamine”, (“ceux qui signent de leur sang”), issue d‘Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Ils disent agir en représailles à l‘intervention militaire française au Mali et à l‘ouverture de l‘espace aérien algérien aux avions français.

Vingt-cinq otages étrangers sont parvenus à s‘enfuir, a-t-on appris de source proche des services de sécurité algériens. Un habitant d‘In Amenas interrogé par Reuters a avancé le bilan de six morts parmi les otages et de huit tués parmi leurs ravisseurs. Il indique en outre que 180 Algériens ont pu prendre la fuite.

Alger a informé les autorités françaises, britanniques et norvégiennes qu‘une opération militaire était en cours sur le site. Les installations gazières d‘In Amenas sont exploitées par un consortium comprenant British Petroleum, le Norvégien Statoil et la compagnie algérienne Sonatrach.

CEINTURES D‘EXPLOSIFS

Selon l‘agence Ani et la chaîne de télévision Al Djazira, 34 otages et 15 de leurs ravisseurs ont été tués par les tirs d‘un hélicoptère algérien en direction d‘un véhicule du commando. Ce bilan est toutefois très supérieur à celui avancé par le témoin interrogé par Reuters. Il contredit en outre l‘information selon laquelle de nombreux otages étrangers seraient parvenus à s‘échapper.

Les ravisseurs ont affirmé mercredi détenir 41 otages étrangers, dont des Américains, des Japonais et des Européens. Un de leurs représentants, toujours cité par Ani, a signalé la mort du chef du commando, nommé Abou al Baraa.

D‘après le ministre algérien de l‘Intérieur, Daho Ould Kablia, les assaillants étaient sous les ordres de Mokhtar Belmokhtar, un vétéran des groupes islamistes qui ont ensanglanté l‘Algérie dans les années 1990 et co-fondateur d‘Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), dont il a fait sécession en décembre pour fonder la katiba des Moulathamine.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a assuré que Paris faisait “totalement confiance” aux autorités algériennes pour résoudre la crise.

La chaîne de télévision France 24 a diffusé l‘enregistrement d‘un témoignage présenté comme celui d‘un otage français selon lequel des Japonais, des Norvégiens, des Philippins, des Sud-Coréens et des Malaisiens figurent aussi parmi les captifs.

Selon ce témoignage, les ravisseurs auraient contraint certains otages à enfiler des ceintures d‘explosifs et menaceraient de faire sauter le site en cas d‘intervention de l‘armée algérienne.

Un autre otage, présenté comme un Britannique, a appelé sur Al Djazira l‘armée algérienne à se retirer de la zone.

ACTION PRÉPARÉE DE LONGUE DATE?

“Nous sommes bien traités par les ravisseurs. L‘armée (algérienne) ne s‘est pas retirée et elle tire sur le complexe”, a-t-il affirmé. “Il y a environ 150 otages algériens. Nous voulons dire à tout le monde que les négociations sont un signe de force et qu‘elles sauveront des vies.”

Le chef de la diplomatie britannique, William Hague, a confirmé jeudi la mort d‘un Britannique au cours de l‘assaut des islamistes contre le complexe.

Le Premier ministre britannique, David Cameron, a jugé jeudi que cette attaque en Algérie présentait “un degré considérable de planification”.

Des experts estiment également que les islamistes avaient décidé d‘attaquer l‘exploitation gazière avant le début de la guerre au Mali.

“L‘opération était très probablement déjà programmée, on n‘improvise pas dans ce domaine”, a déclaré sur Europe 1 l‘ancien chef du contre-espionnage français Yves Bonnet, qui s‘est dit surpris par l‘ampleur de l‘attaque.

Un avis partagé par l‘ancien ministre de la Défense UMP Gérard Longuet, invité de LCI jeudi matin.

“On ne peut pas imaginer qu‘en moins d‘une semaine, une telle prise d‘otages ait pu être conçue par une filiale d‘Al Qaïda ou Aqmi”, a-t-il dit. “En tout état de cause, c‘est un objectif qui avait été préparé.”

Avec Julien Ponthus et Elizabeth Pineau à Paris, Tangi Salaün et Jean-Philippe Lefief pour le service français

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