La prise d'otages en Algérie étend le conflit malien

jeudi 17 janvier 2013 10h05
 

par Lamine Chikhi et Bate Felix

ALGER/BAMAKO/PARIS (Reuters) - La prise d'otages en cours en Algérie, où sont retenus plusieurs dizaines d'expatriés occidentaux et japonais, a définitivement transformé en crise internationale l'intervention française au Mali, à laquelle les autres pays occidentaux semblent toujours hésiter à s'associer.

Plus de 24 heures après le lancement de son attaque dans l'est de l'Algérie, près de la frontière libyenne, un groupe se présentant comme la "katiba des Moulathamine" affirme détenir 41 otages dont des Américains, des Japonais et des Européens et demande l'arrêt de l'opération française Serval au Mali.

Les preneurs d'otages disent disposer de plusieurs dizaines de combattants armés de mortiers et de missiles antiaériens sur place et dans les environs de Tigantourine, à 100 km environ de la frontière algéro-libyenne, dans une région qui assure environ 10% de la production algérienne de gaz naturel.

Le secrétaire britannique aux Affaires étrangères, William Hague, a confirmé qu'un ressortissant britannique avait été tué et que "plusieurs autres" étaient toujours retenus.

"C'est une situation dangereuse et qui évolue rapidement", a commenté le secrétaire au Foreign Office.

Washington a de son côté confirmé la présence d'Américains parmi les otages, sans préciser leur nombre. En déplacement à Rome, Leon Panetta, secrétaire américain à la Défense, a pour sa part affirmé que "les Etats-Unis prendront toutes les mesures nécessaires et appropriées pour faire face à cette situation".

Mercredi soir, le PDG de la société de services CIS Catering, Régis Arnoux, avait déclaré que 150 employés algériens étaient également retenus sur place. En Algérie, la presse a fait état d'un mort parmi les otages algériens et selon d'autres informations, un Français a été tué.

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Le site gazier d'In Amenas, dans l'est de l'Algérie. La chaîne de télévision France 24 a diffusé jeudi l'enregistrement d'un témoignage présenté comme celui d'un Français retenu en otage par les islamistes dans ce complexe gazier dans l'est de l'Algérie. /Photo d'archives/REUTERS/Kjetil Alsvik/Statoil via Scanpix