La France est-elle allée "trop loin" au Mali, s'interroge Juppé

mercredi 16 janvier 2013 18h35
 

PARIS (Reuters) - La France est peut-être allée "un coup trop loin" en engageant des troupes au sol au Mali, alors que cette option avait été exclue par François Hollande, a estimé mercredi l'ancien ministre des Affaires étrangères Alain Juppé.

Au sixième jour de l'opération Serval, l'armée française a entrepris une offensive terrestre contre les groupes islamistes.

"Il y avait urgence à agir puisque les terroristes d'Ansar Dine avaient pris l'initiative de foncer vers le Sud et vraisemblablement de se diriger en direction de Bamako", a concédé Alain Juppé sur France 24.

"Maintenant, nous sommes passés à une autre phrase de l'opération, qui n'était pas prévue, qui avait été même exclue par le président Hollande, qui avait expliqué qu'il n'y aurait pas de troupes françaises au sol", a poursuivi l'ancien ministre UMP.

"Je vous rappelle qu'on est dans une aire géographique où la France a été, dans l'ancien temps, colonisateur, et la présence de soldats français sur le sol de cette région sahélienne n'était peut-être pas la meilleure chose à envisager", a jugé le maire de Bordeaux.

"On s'est lancé dans cette opération et aujourd'hui, nous sommes donc confrontés à des risques extrêmement élevés et nous sommes seuls", a-t-il souligné.

"On ne peut pas dire que nous sommes partis dans l'improvisation, mais je pense que la question se pose de savoir maintenant si on n'a pas été un coup trop loin en passant des frappes aériennes au déploiement au sol".

Sophie Louet, édité par Gilles Trequesser

 
L'ancien ministre des Affaires étrangères Alain Juppé estime que la France est peut-être allée "un coup trop loin" en engageant des troupes au sol au Mali, alors que cette option avait été exclue par François Hollande. /Photo prise le 23 novembre 2012/REUTERS/Régis Duvignau