L'engagement de la France au Mali risque de durer

mercredi 16 janvier 2013 17h23
 

par Marine Pennetier

PARIS (Reuters) - L'engagement de la France au Mali, sur les fronts militaire puis politique, risque de durer plusieurs années, un scénario à même de fragiliser le soutien de la classe politique et de l'opinion, estiment des analystes.

Au sixième jour de l'opération Serval, les interrogations se sont accentuées dans l'opposition, mais aussi au sein de la majorité, sur les perspectives de la mission française, qui vise à éradiquer la menace islamiste au Mali, rétablir la sécurité sur le territoire et à favoriser un processus électoral.

L'exécutif français a accrédité mercredi à demi-mot les craintes d'une intervention de longue durée, alors que l'armée a engagé des troupes au sol. "Ça sera long", a déclaré, sans plus de détail, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Pour Philippe Hugon, directeur de recherches à l'Iris (Institut de relations internationales et stratégiques) chargé de l'Afrique, la reconstruction de l'Etat malien et le retour à la légitimité politique prendront du temps.

"Je pense que la France est présente pour un long moment, peut-être deux à trois ans au Mali", a-t-il dit dans un entretien à Reuters.

"Au-delà des actions qui doivent être menées avant mars pour des questions climatiques, il va y avoir une présence au sol de l'armée française, un problème de contrôle du territoire sur du long terme, un problème aussi de soutien et de reconstruction de l'armée malienne", a-t-il souligné.

"NÉOCOLONIALISTE"

"L'Etat malien dans ses fonctions régaliennes doit être reconstruit et des projets de développement économique doivent être mis en place afin de donner des perspectives aux populations, notamment celles du Nord", bastion des islamistes, juge Philippe Hugon.   Suite...

 
Militaires français sur une base de l'armée de l'air malienne à Bamako, lundi. L'engagement de la France au Mali, sur les fronts militaire puis politique, risque de durer plusieurs années, un scénario à même de fragiliser le soutien de la classe politique et de l'opinion, selon des analystes. /Photo prise le 14 janvier 2013/REUTERS/Joe Penney