La France restera au Mali jusqu'à sa stabilisation

mercredi 16 janvier 2013 00h02
 

par Bate Felix et Elizabeth Pineau

BAMAKO/DUBAI (Reuters) - La France achèvera son intervention militaire au Mali une fois le pays stabilisé et un processus électoral mis en oeuvre, a déclaré mardi François Hollande, ouvrant la perspective d'une opération coûteuse et prolongée contre les rebelles islamistes.

Au cinquième jour de l'intervention française, Paris a continué à déployer ses forces et poursuivi ses frappes aériennes sur le terrain en attendant le déploiement d'une force ouest-africaine, qui devrait prendre "une bonne semaine", selon le chef de l'Etat.

Les chefs d'état-major des pays de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) se sont réunis mardi à Bamako pour approuver l'accélération du calendrier requise par l'intervention française. Ils ne sont toutefois pas parvenus à s'entendre et leur réunion a été ajournée à mercredi.

Cette force ouest-africaine, validée par le Conseil de sécurité de l'Onu le 20 décembre sous le nom de Misma - Mission internationale de soutien au Mali -, ne devait pas être pleinement opérationnelle avant septembre, mais la soudaine progression des rebelles vers la capitale malienne a conduit les pays de la région à hâter leurs préparatifs.

Le Sénégal, le Burkina Faso, le Niger, le Nigeria et la Guinée ont tous promis de contribuer à la Misma. Le colonel Mohammed Yerima, porte-parole du ministère nigérian de la Défense, a déclaré que 190 premiers militaires nigérians seraient déployés au Mali dans les 24 heures.

DIABALI SOUS CONTRÔLE REBELLE

Face à l'urgence, la France intervient depuis vendredi à l'appel des autorités maliennes dans son ancienne colonie pour bloquer la progression des islamistes et bombarder leurs installations dans le nord du Mali, dont les rebelles ont pris le contrôle au printemps 2012 en profitant du vide du pouvoir créé par un coup d'Etat militaire à Bamako.

Soulignant que "la France n'a pas vocation à rester au Mali", François Hollande a ajouté lors d'une visite aux Emirats arabes unis : "Nous avons en revanche un objectif, c'est de faire en sorte que, lorsque nous partirons, il y ait une sécurité au Mali, des autorités légitimes, un processus électoral et (qu'il n'y ait) plus de terroristes qui menacent l'intégrité du Mali."   Suite...

 
Soldats français des forces spéciales à Markala, à environ 275 km de Bamako. Au cinquième jour de l'intervention française du Mali, François Hollande a déclaré que la France achèverait son intervention militaire au Mali une fois le pays stabilisé et un processus électoral mis en oeuvre. /Photo prise le 15 janvier 2013/REUTERS/François Rihouay