La droite tente le recours du référendum sur le mariage gay

lundi 14 janvier 2013 17h33
 

PARIS (Reuters) - La droite française, qui réclame un référendum sur le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels, récuse l'impossibilité juridique mise en avant par le pouvoir socialiste et en appelle au sens "éthique" du chef de l'Etat.

"Un bouleversement aussi profond des principes qui fondent la famille, la société et la civilisation ne peut être le fait de la loi ordinaire", déclarent dans un texte commun 115 parlementaires UMP et UDI qui ont répondu à l'appel lancé la semaine dernière par Henri Guaino, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, en faveur d'une consultation.

Pour le député UMP des Yvelines, il appartient au chef de l'Etat seul de saisir le peuple français de cette question. Il rappelle que la ministre de la Justice, Christiane Taubira, a elle-même parlé de "réforme de civilisation" à propos du texte qui sera soumis à partir du 29 janvier au Parlement.

Au soir de la démonstration de force des opposants au projet de loi dans les rues de Paris, Christiane Taubira a rejeté dimanche l'idée d'un référendum.

"La Constitution précise les domaines dans lesquels un référendum est possible et ça n'est pas le cas", a-t-elle dit sur TF1, précisant que le texte suivrait son cours devant le Parlement.

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a dénoncé lundi sur RTL des arguments "spécieux". "Le peuple en France est toujours souverain. Sur tous les sujets, on doit pouvoir organiser un référendum et lui donner la parole", a-t-elle dit.

Herni Guaino fait valoir pour sa part que seul le chef de l'Etat est habilité à interpréter la lettre de la Constitution.

"UNE SORTIE PAR LE HAUT"

Le constitutionnaliste Guy Carcassonne, qui fut conseiller de l'ex-Premier ministre socialiste Michel Rocard, assure que la question du mariage gay ne peut faire l'objet d'un référendum.   Suite...

 
Manifestants opposés au mariage gay, dimanche à Paris. La droite, qui réclame un référendum sur le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels, récuse l'impossibilité juridique mise en avant par le pouvoir socialiste et en appelle au sens "éthique" du chef de l'Etat. Au soir de la démonstration de force des opposants au projet de loi dans les rues de Paris, Christiane Taubira a néanmoins rejeté dimanche l'idée d'un référendum. /Photo prise le 13 janvier 2013/REUTERS/Benoît Tessier