Le Mali, une rupture dans le quinquennat de François Hollande

dimanche 13 janvier 2013 16h24
 

par Elizabeth Pineau et Yves Clarisse

PARIS (Reuters) - L'intervention française au Mali marque une rupture dans le quinquennat de François Hollande, dont la réputation de pusillanimité a volé en éclats au moment même où, sur le front intérieur, sa méthode marquait enfin des points grâce à un accord historique sur la réforme du marché du travail.

Depuis son élection en mai dernier, le président français traîne comme un boulet l'image d'un homme qui répugne à trancher, multiplie les commissions et prolonge à l'Elysée les pratiques qu'il avait mises en place pendant onze ans comme Premier secrétaire du Parti socialiste pour ne fâcher personne.

L'opération Serval au Mali et le raid - manqué - en Somalie pour tenter de libérer un otage français détenu depuis plus de trois ans ont effacé ce portrait, que l'opposition de droite se plaisait à brosser pour lui opposer un Nicolas Sarkozy dépeint en homme d'action qui avait pris tous les risques en Libye.

"C'est une rupture dans le quinquennat, où jusqu'alors chaque décision de François Hollande était systématiquement critiquée, délégitimée par l'opposition", souligne Frédéric Dabi, de l'institut de sondages Ifop.

Pour Bruno Tertrais, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique, "ceux qui critiquaient son incapacité supposée à décider en sont pour leurs frais".

Le président français temporisait pourtant depuis des mois sur ce dossier, évoquant une opération à l'automne prochain, lorsque les troupes maliennes, appuyées par d'autres pays d'Afrique de l'Ouest, seraient formées et prêtes à affronter les rebelles islamistes qui se sont emparés du nord du pays.

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, insiste d'ailleurs depuis le début officiel, vendredi, de l'engagement français, sur le fait que la France n'avait pas préparé de longue date l'action militaire déclenchée vendredi.

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L'intervention française au Mali marque une rupture dans le quinquennat de François Hollande, dont la réputation de pusillanimité a volé en éclats au moment même où, sur le front intérieur, sa méthode marquait enfin des points grâce à un accord historique sur la réforme du marché du travail. /Photo prise le 12 janvier 2013/REUTERS/Christian Hartmann