12 janvier 2013 / 18:37 / il y a 5 ans

Hollande confiant dans la réussite de l'opération au Mali

Soldats français quittant N'Djamena au Tchad pour rejoindre le Mali. François Hollande a dit samedi sa "confiance" dans la réussite de l'opération engagée avec l'aide de la France contre les islamistes au Mali, qui a déjà permis selon lui de porter un "coup d'arrêt" à la progression de la rébellion. /Capture d'écran du 12 janvier 2013/Établissement de communication et de production audiovisuelle de la défense (ECPAD) via Reuters Tv

PARIS (Reuters) - François Hollande a dit samedi sa "confiance" dans la réussite de l'opération engagée avec l'aide de la France contre les islamistes au Mali, qui a déjà permis selon lui de porter un "coup d'arrêt" à la progression de la rébellion.

Dans une déclaration à l'Elysée à l'issue d'un conseil de défense, le président a salué la mémoire du pilote d'hélicoptère français tué vendredi et évoqué "de lourdes pertes" dans le camp adverse.

"Grâce au courage de nos soldats, un coup d'arrêt a été porté et de lourdes pertes ont été infligées à nos adversaires", a-t-il déclaré. "Mais notre mission n'est pas achevée".

François Hollande a précisé que les moyens déployés par la France devaient être limités au soutien de l'intervention africaine au Mali.

"J'ai toute confiance dans l'efficacité de nos forces et dans la réussite dans la mission que nous accomplissons au nom de la communauté internationale", a-t-il assuré.

Baptisée "Serval", du nom d'un petit félin du désert, l'opération a été lancée vendredi par l'armée française en appui des forces maliennes. Au court de cette première mission, un pilote français a été mortellement blessé.

Des frappes aériennes françaises ont encore eu lieu "cette nuit et ce matin" contre des concentrations d'islamistes au Mali", a indiqué le ministre de la Défense Jean-Yves le Drian samedi.

L'opération "Serval" consiste "à préparer le déploiement d'une force d'intervention africaine pour permettre au Mali de retrouver son intégrité territoriale" conformément aux résolutions du conseil de sécurité de l'Onu, a insisté François Hollande.

INCERTITUDES

L'action de la France sera "strictement limitée à cet objectif", a dit le président, qui a aussi annoncé un renforcement du dispositif de protection des quelque 6.000 ressortissants français de Bamako.

Invité du journal de 20h de France 2 samedi soir, Jean-Yves le Drian n'a pas exclu que les troupes françaises remontent jusqu'à Tombouctou, une ville située dans le nord du Mali et contrôlée par les rebelles islamistes.

"Il n'y a pas de blocage dans les plans d'action de nos forces, donc pourquoi pas, un jour. Toutes les hypothèses sont possibles", a-t-il dit.

Plusieurs pays, dont le Niger, ont annoncé samedi leur intention de fournir des soldats pour la poursuite de l'opération.

"L'action de la France est saluée par l'ensemble de la communauté internationale et les pays africains", a dit François Hollande, qui a eu plusieurs de ses homologues au téléphone dans la journée.

Le Premier ministre britannique David Cameron a notamment appelé le président français pour faire part du "soutien" du Royaume-Uni et proposer des éléments de transport militaire, a fait savoir l'Elysée.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso a été reçu à l'Elysée par le chef de l'Etat et a "réaffirmé le soutien de l'Union européenne à la défense de l'intégrité du Mali et donc à l'intervention militaire en cours", a indiqué l'Elysée.

Les deux dirigeants ont également évoqué "les questions humanitaires et de développement et la possibilité d'accélérer la mise en place de forces de soutien européennes" dans ce domaine.

Evoquant l'opération manquée de sauvetage d'un otage en Somalie, François Hollande a évoqué le "sacrifice" de deux militaires français et confirmé les incertitudes concernant la vie de l'otage, Denis Allex, détenu depuis juillet 2009.

"Cette opération n'a pas pu aboutir malgré le sacrifice de deux de nos soldats et sans doute l'assassinat de l'otage", a-t-il dit.

Selon Jean-Yves le Drian, les forces de la DGSE ont rencontré une résistance "plus forte que prévue, en particulier les armes lourdes qui ont été utilisées par le terroristes étaient sous-évaluées."

PLAN VIGIPIRATE RENFORCÉ

Dans ce contexte, le président a annoncé un renforcement en France du plan Vigipirate de protection des lieux publics et des infrastructures de transport. Certaines mesures, concernant notamment les transports et les rassemblements, entrent en vigueur immédiatement, a indiqué un peu plus tard Matignon.

Le groupe rebelle Ansar Dine a prévenu samedi que cette intervention militaire aurait des conséquences pour les ressortissants français "à travers le monde musulman". Au total, neuf ressortissants français, dont Denis Allex, sont actuellement détenus en Afrique.

Des représentants de deux associations maliennes, le Conseil de base des Maliens de France et le Haut conseil des Maliens de France, seront reçus à l'Elysée dimanche à 09h00 par des membres du cabinet du chef de l'Etat.

"Le président passera les voir", a précisé une conseillère.

Environ 100.000 Maliens vivent en France.

La situation au Mali fera en outre l'objet d'un nouveau conseil de défense dimanche à 15h00 en présence de plusieurs ministres (Défense, Affaires étrangères, Intérieur) et de responsables militaires comme le chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud.

Elizabeth Pineau, avec Marine Pennetier, édité par Pascal Liétout

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below