Le baptême du feu de Hollande n'est pas exempt de risques

vendredi 11 janvier 2013 21h33
 

par Yves Clarisse

PARIS (Reuters) - La France s'est efforcée vendredi de distinguer son intervention militaire au Mali, baptême du feu pour François Hollande, de la défense dans le passé de régimes africains contestés.

Mais si l'opération fait pour le moment la quasi unanimité dans la classe politique, l'opinion pourrait se retourner contre le pouvoir si les otages français dans la région la payaient de leurs vies et si elle provoquait des attentats en France.

Le président français temporisait encore il y quelques jours, affirmant que la France n'interviendrait au Mali qu'une fois l'armée nationale prête au combat, c'est-à-dire pas avant l'automne prochain selon des diplomates français.

Le sort des huit otages français détenus dans la région par des groupes islamistes jouait un rôle dans cette attitude extrêmement prudente, illustrée ailleurs en Afrique par le refus de voler au secours du régime centrafricain menacé.

Mais François Hollande a dû forcer sa nature et agir dans l'urgence après que les forces gouvernementales maliennes eurent été mises en déroute dans la ville stratégique de Konna.

Il s'agissait du dernier rempart entre les insurgés et Mopti, la principale ville de la région située à une cinquantaine de kilomètres de là, dont la prise aurait ouvert la voie jusqu'à la capitale, Bamako.

"Il y va de l'existence même de cet Etat ami, le Mali, de la sécurité de sa population et de celle également de nos ressortissants. Ils sont 6.000 là-bas", a dit le chef de l'Etat en annonçant que l'intervention française avait débuté.

"Les terroristes doivent savoir que la France sera toujours là lorsqu'il s'agit non pas de ses intérêts fondamentaux mais des droits d'une population, celle du Mali, qui veut vivre libre et dans la démocratie", avait-il souligné dans la matinée lors de ses voeux au corps diplomatique accrédité en France.   Suite...

 
La France s'est efforcée vendredi de distinguer son intervention militaire au Mali, baptême du feu pour François Hollande, de la défense dans le passé de régimes africains contestés. /Photo prise le 11 janvier 2013/REUTERS/Philippe Wojazer