Paris saisit l'Union européenne sur les pilules de 3e génération
par Chine Labbé
PARIS (Reuters) - Marisol Touraine a annoncé vendredi la saisine de l'Union européenne pour restreindre la prescription des pilules de troisième et quatrième générations, et annoncé la mise en place en France d'un "dispositif" visant à la limiter aux situations où ces pilules sont "médicalement requises".
L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a lancé la semaine dernière une concertation sur ces pilules, en pleine polémique sur leur prescription jugée excessive au regard des risques sanitaires qu'elles présentent.
"Je demande à l'ANSM de saisir les instances européennes pour que les indications des autorisations de mise sur le marché soient révisées dans un sens restrictif", a déclaré vendredi la ministre de la Santé lors d'une conférence de presse.
"En deuxième lieu, j'ai demandé à l'ANSM de mettre en place un dispositif qui permettra, en France, de limiter la prescription de ces pilules aux seules situations dans lesquelles elles sont médicalement requises", a-t-elle ajouté.
Ce dispositif pourrait prendre la forme d'un questionnaire distribué aux patientes au moment de la prescription, et portant notamment sur leurs antécédents et les facteurs à risques, précise-t-on à l'ANSM.
Marisol Touraine n'a pas opté pour un retrait du marché de ces pilules, et a mis en garde vendredi contre un "affolement".
"On n'est pas dans une situation d'urgence", a souligné Dominique Maraninchi, directeur général de l'ANSM.
"En soi, (ces pilules) ne sont pas dangereuses, ce qui est dangereux, collectivement, c'est si elles sont trop et mal prescrites", a-t-il ajouté. Suite...

