Espoir d'accord aux négociations sur le travail

vendredi 11 janvier 2013 15h32
 

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Les négociations sur une réforme du marché du travail alliant sécurité accrue pour les salariés et flexibilité pour les entreprises ont franchi vendredi un pas peut-être décisif avec le feu vert du patronat à une hausse du coût des contrats courts, une des revendications majeures des syndicats.

Les organisations susceptibles de signer un tel accord, au premier chef la CFDT, continuent néanmoins de demander que les employeurs renoncent à un article aux allures de dernier grand "chiffon rouge" de ces discussions, qui vise à faire prévaloir "le fond sur la forme" dans les contentieux du licenciement.

Le patronat a attendu vendredi, et la toute dernière session d'une négociation qui doit impérativement se conclure avant le week-end, pour avancer des propositions susceptibles d'enrayer le développement du travail précaire dénoncé par les syndicats.

Elles se présentent sous la forme d'un "donnant-donnant" avec une hausse des cotisations chômage employeurs sur les CDD courts (3% pour un CDD de moins d'un mois et 1,5% pour un CDD entre 1 et 3 mois) et une exonération de ces mêmes charges pendant trois mois pour les jeunes embauchés en CDI.

"Nous ne pouvions pas bouger sur ce sujet tant que nous n'avions pas un signe sur l'emploi car on a toujours dit que taxer des contrats courts ne pouvait apporter aucun emploi", a dit Patrick Bernasconi, le principal négociateur du Medef.

Pour lui, la baisse des charges proposée en échange constitue une "incitation forte à prendre des jeunes en CDI dès le départ".

Il a chiffré à 155 millions d'euros le coût de l'exonération de charges sur les CDI, soit plus que les 110 millions que devrait rapporter la surcotisation des CDD.

Il a mis ces sommes en rapport avec les quatre milliards d'euros de coût du financement, également accepté par les employeurs, de la généralisation des complémentaires santé à tous les salariés et de la "portabilité" de cette protection sur une période de 12 mois en cas de perte d'emploi.   Suite...

 
Le patronat français a accepté vendredi de discuter d'un renchérissement des contrats courts pour enrayer leur explosion, ouvrant la voie à un accord aux négociations sur une réforme du marché du travail qui doivent se conclure dans la journée. /Photo d'archives/REUTERS/Yuriko Nakao