Le mystère persiste après les meurtres de Kurdes à Paris

vendredi 11 janvier 2013 18h24
 

par Ayla Jean Yackley

ISTANBUL (Reuters) - Les rebelles kurdes du PKK et le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, ont évoqué vendredi des pistes différentes pour expliquer le meurtre de trois militantes kurdes tuées de plusieurs balles dans la tête à Paris.

Les premiers ont émis l'hypothèse d'une opération clandestine de nationalistes turcs tandis que le second a dit privilégier la piste d'un règlement de comptes interne.

Recep Tayyip Erdogan a aussi émis l'idée que ce triple meurtre soit destiné à saper les discussions de paix en cours entre le gouvernement et le chef emprisonné des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Les enquêteurs français n'ont pas avancé de piste privilégiée. Le PKK a prévenu qu'il tiendrait la France responsable de ce "massacre" si les meurtres n'étaient pas élucidés.

Les représentations diplomatiques turques en Europe ont été placées en état d'alerte et Ankara a invité les autorités françaises à renforcer les mesures de sécurité autour de ses intérêts en France alors que le Parti pour la paix et la démocratie (BDP) a invité les Kurdes à manifester "où qu'ils se trouvent".

A Berlin, qui abrite de fortes communautés turque et kurde, environ 700 personnes ont participé à une marche en brandissant des portraits des trois femmes tuées.

En Suède, environ 200 Kurdes ont bravé des températures glaciales à Stockholm pour manifester devant l'ambassade de France aux cris de "Vive le PKK" et "Turquie, terroristes".

Les trois femmes, dont une membre fondatrice du PKK, Sakine Cansiz, ont été retrouvées mortes dans la nuit de mercredi à jeudi dans les locaux du Centre d'information du Kurdistan, dans le Xe arrondissement de Paris.   Suite...

 
Devant le Centre d'information du Kurdistan, à Paris. Les trois militantes kurdes d'origine turque, dont les corps ont été retrouvés dans la nuit de mercredi à jeudi dans ces bureaux du 10e arrondissement de Paris, ont été tuées de plusieurs balles dans la tête. /Photo prise le 11 janvier 2013/REUTERS/Christian Hartmann