January 9, 2013 / 6:28 AM / 5 years ago

L'investiture d'Hugo Chavez, malade, reportée à Caracas

5 MINUTES DE LECTURE

Fresque murale représentant Hugo Chavez dans une rue de Caracas. La cérémonie d'investiture d'Hugo Chavez, réélu à la tête de l'Etat vénézuélien en octobre, a été reportée sine die en raison de l'état de santé du président vénézuélien, hospitalisé à Cuba après sa quatrième opération d'un cancer. /Photo prise le 8 janvier 2013/Carlos Garcia Rawlins

par Brian Ellsworth et Diego Ore

CARACAS (Reuters) - La cérémonie d'investiture d'Hugo Chavez, réélu à la tête de l'Etat vénézuélien en octobre, a été reportée sine die en raison de l'état de santé du président vénézuélien, hospitalisé à Cuba après sa quatrième opération d'un cancer.

Le chef de l'Etat devait prêter serment jeudi, mais "l'équipe médicale a recommandé que le rétablissement post-opératoire se poursuive au-delà du 10 janvier", indique le vice-président Nicolas Maduro dans une lettre lue mardi au Congrès.

Il ne donne aucune indication sur une nouvelle date pour la cérémonie, ni sur l'état de santé du président vénézuélien mais précise que Chavez pourrait prêter serment devant le Tribunal suprême de justice plutôt que devant l'Assemblée nationale, ainsi que l'autorise de la Constitution.

L'article 231 prévoit en effet que "le candidat élu prend possession de sa fonction de président de la République le 10 janvier (...) après serment devant l'Assemblée nationale. Si pour n'importe quelle raison, le président de la République ne peut pas prendre ses fonctions devant l'Assemblée nationale, il le fera devant le Tribunal suprême de justice".

Le Tribunal suprême, contrôlé par des alliés de Chavez, tiendra une conférence de presse ce mercredi. Il pourrait exposer une interprétation de la loi fondamentale donnant raison aux partisans du pouvoir.

Pour les alliés du président socialiste, cette cérémonie n'est en effet qu'une simple "formalité" puisqu'Hugo Chavez est un président réélu, qu'il assure par conséquent une continuité de la fonction présidentielle et qu'il pourra être investi dès que sa santé le permettra.

L'opposition accuse elle le gouvernement de violer la Constitution en reportant la cérémonie de prestation de serment.

interprétations Divergentes

Hugo Chavez, qui est âgé de 58 ans, a subi le 11 décembre à Cuba une nouvelle opération liée à une récidive d'un cancer de la région pelvienne révélé mi-2011.

L'opposition réclame qu'en l'absence du chef de l'Etat jeudi, le président de l'Assemblée nationale, Diosdado Cabello, assume l'intérim du pouvoir avant une nouvelle élection dans un délai de trente jours, ainsi que le prévoit l'article 233 sur l'incapacité absolue.

Le gouvernement, quant à lui, refuse d'évoquer la mise à l'écart provisoire ou définitive du chef de l'Etat et ne fournit que des communiqués lapidaires sur son état de santé.

La position officielle du gouvernement est qu'Hugo Chavez, en dépit de ses problèmes de santé, continue d'assumer ses fonctions de chef de l'Etat.

"Il n'y a rien qui créerait un vide du pouvoir et rien qui devrait donner à l'opposition l'espoir que Chavez quittera ses fonctions le 10 janvier", a déclaré lundi Diosdado Cabello.

La querelle se focalise sur ce qui survient lorsque l'investiture n'a pas lieu à la date prévue du 10 janvier.

L'article 234 de la Constitution, sur l'incapacité temporaire, prévoit que le président est suppléé par le vice-président "jusqu'à 90 jours, prorogeable par décision de l'Assemblée nationale pour 90 jours supplémentaires".

Depuis des jours, chaînes de télévision et réseaux sociaux sur internet se nourrissent des interprétations divergentes d'experts en droit constitutionnel.

"Un Gouvernement paralysé"

Le gouvernement appelle les "chavistes" à un grand rassemblement jeudi devant le palais de Miraflores, siège de la présidence. Les présidents uruguayen Jose Mujica et bolivien Evo Morales, alliés du "comandante" de la révolution bolivarienne, ont confirmé qu'ils se rendraient cette semaine au Venezuela.

Un porte-parole de la présidente argentine Cristina Fernandez a fait savoir que celle-ci se rendrait en fin de semaine à Cuba dans le cadre d'une tournée diplomatique, et qu'elle chercherait alors à voir son homologue vénézuélien.

Un conseiller de la présidente brésilienne Dilma Rousseff a estimé que le processus se déroulait conformément à la Constitution.

Sans entrer dans le débat constitutionnel, le chef de l'opposition vénézuélienne Henrique Capriles, battu par Chavez lors de la présidentielle du 7 octobre, a dénoncé la paralysie de l'action gouvernementale.

"La vérité est que nous avons un gouvernement qui ne gouverne pas, complètement paralysé", a-t-il dit sur son compte Twitter. "Ces pseudo-dirigeants ne s'intéressent pas aux problèmes qu'affrontent les Vénézuéliens."

Avec Eyanir Chinea et Mariana Parraga; Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service français

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