8 janvier 2013 / 12:57 / dans 5 ans

L'enseignement catholique conteste "la moindre faute"

PARIS (Reuters) - Le secrétaire général de l‘enseignement catholique, rappelé à l‘ordre par Vincent Peillon qui a dit craindre l‘importation du débat sur le mariage homosexuel dans les écoles privées en France, a contesté mardi avoir commis “la moindre faute”.

Eric de Labarre a envoyé en décembre une lettre invitant ses chefs d‘établissement à “prendre des initiatives” autour du mariage homosexuel, une question jugée “importante et grave”. Dans un communiqué joint à cette lettre, il rappelait le “désaccord” de l‘enseignement catholique avec ce projet de loi.

Un envoi qualifié vendredi dernier de “faute” par le ministre de l‘Education nationale.

“Je conteste formellement qu‘il y ait eu la moindre faute, et je n‘admets pas même avoir commis une simple maladresse”, a déclaré Eric de Labarre lors d‘une conférence de presse, ajoutant que s‘il devait aujourd‘hui réécrire cette lettre, il n‘en changerait “pas une virgule”.

“J‘appelle à présent, comme le ministre l‘a fait hier matin, à l‘apaisement”, a-t-il ajouté, à cinq jours d‘une manifestation contre le mariage homosexuel.

Accusé par la droite de “raviver” la guerre scolaire en France, Vincent Peillon a affirmé lundi sur RTL qu‘il “n‘y (aurait) pas de guerre scolaire”.

Pourtant, après la prise de position du ministre, qui a envoyé une lettre aux recteurs leur demandant “la plus grande vigilance”, de nombreuses voix se sont élevées dans le monde éducatif pour condamner la démarche du secrétaire général de l‘enseignement catholique.

PAS D‘APPEL À MANIFESTER

Dans un communiqué diffusé lundi, la Fédération Syndicale unitaire (FSU), première organisation syndicale de la fonction publique d‘Etat, estime que l‘enseignement catholique “(transforme) ces écoles en courroie de transmission de la campagne orchestrée par la droite, les églises et l‘extrême droite” contre le mariage dit ‘pour tous’.

Pour la FSU, l‘enseignement catholique “appelle implicitement” ses personnels à s‘adresser aux jeunes dont ils ont la charge, notamment pour les amener à manifester le 13 janvier.

Tout en dénonçant un procès d‘intention “inacceptable” en homophobie et en obscurantisme, Eric de Labarre a jugé que la polémique des derniers jours reposait “sur un malentendu”.

L‘enseignement catholique n‘appelle pas à manifester dimanche, et certains syndicats de personnels de l‘enseignement catholique ont exprimé leur accord avec le projet de loi, a-t-il dit. “Nous appelons chacun à réfléchir, à se documenter, à s‘informer”, a-t-il simplement déclaré, refusant de dire clairement s‘il se joindra personnellement au cortège.

La lettre en question était destinée aux seuls professeurs et parents d‘élèves, et la tenue de débats ne saurait se faire avec les enfants pendant les heures de cours, a-t-il par ailleurs fait valoir. “Des débats ont place à l‘école, ils n‘ont pas place dans les heures de cours”, a-t-il répété.

Toutes les religions monothéistes sont opposées au projet de loi ouvrant le mariage et l‘adoption aux couples de même sexe. Le texte introduisant cette réforme a été présenté le 7 novembre en conseil des ministres. Il doit être soumis à l‘Assemblée nationale fin janvier.

Chine Labbé, édité par Gilles Trequesser

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