Après le viol, les craintes d'une justice expéditive en Inde

lundi 7 janvier 2013 15h26
 

par Frank Jack Daniel

NEW DELHI (Reuters) - Plusieurs organisations indiennes de défense des droits de l'homme craignent que le gouvernement n'impose une législation contraire aux libertés fondamentales pour répondre à la colère populaire après le viol collectif d'une étudiante mi-décembre.

Le viol dans un bus d'une étudiante en kinésithérapie de 23 ans a ouvert un débat national sur les violences faites aux femmes en Inde, où un viol est signalé aux autorités toutes les vingt minutes en moyenne.

Alors que cinq des six auteurs présumés du viol à l'origine de la vague de colère qui a secoué l'Inde ont été présentés lundi devant un tribunal de New Delhi, il ne fait guère de doute que la population réclame des punitions plus efficaces envers les crimes sexuels.

Beaucoup d'organisations de défense des droits des femmes espèrent elles aussi que la récente vague de manifestations entraînera des changements réels, alors que Delhi envisage déjà de mettre en place des procédures judiciaires accélérées pour les crimes sexuels et d'embaucher 2.500 policières.

Mais les experts juridiques et des féministes s'inquiètent de ce que les appels répétés à punir les viols par la peine capitale finissent par restreindre les libertés civiles et déboucher sur des mesures anticonstitutionnelles. Ils estiment que l'Inde n'a pas besoin de nouvelles lois, mais d'une amélioration du maintien de l'ordre et des procédures de poursuites.

MOTIF D'APPEL

"S'il n'y a pas suffisamment de condamnations, ce n'est pas à cause des failles législatives mais de l'insuffisance des preuves pour les étayer", a déclaré R.S. Sodhi, juge à la retraite de la Haute Cour de Delhi.

Les cinq hommes inculpés pour le viol, l'enlèvement et le meurtre de la jeune femme seront jugés par un tribunal à procédure accélérée mis en place récemment. Le sixième agresseur sera jugé quant à lui par un tribunal pour enfants.   Suite...

 
Fourgon de la police de New Delhi arrivant au tribunal pour l'ouverture du procès de cinq des six auteurs présumés du viol collectif d'une étudiante mi-décembre et ayant causé sa mort. Beaucoup d'organisations de défense des droits des femmes espèrent elles aussi que la récente vague de manifestations entraînera des changements réels, alors que Delhi envisage déjà de mettre en place des procédures judiciaires accélérées pour les crimes sexuels et d'embaucher 2.500 policières. /Photo prise le 7 janvier 2013/REUTERS