Rare manifestation contre la censure en Chine

lundi 7 janvier 2013 11h39
 

par James Pomfret

CANTON, Chine (Reuters) - Une manifestation s'est tenue lundi à Canton devant le siège d'un des rares journaux chinois réputé pour sa liberté de ton afin de soutenir une grève des journalistes contre l'ingérence du responsable provincial de la censure.

L'affaire, qui fait grand bruit en Chine où le thème de la liberté de la presse est de plus en plus évoqué, a commencé la semaine dernière quand des journalistes de l'influent hebdomadaire Nanfang Zhoumo (Southern Weekend) ont révélé que les services de la censure avaient fait remplacer l'éditorial du Nouvel An appelant à la mise en place d'un régime conforme à la constitution par un commentaire à la gloire des réalisations du Parti communiste chinois (PCC).

La manifestation devant les locaux du groupe de presse propriétaire du journal a été autorisée par la police, signe que le gouvernement de la province du Guangdong, dirigé depuis peu par l'étoile montante du PCC Hu Chunhua, se veut très prudent face à la colère suscitée dans la population sur les questions de censure.

Les manifestants, jeunes pour la plupart, avaient posé devant eux des pancartes sur lesquelles étaient inscrits: "La liberté d'expression n'est pas un crime" et "Le peuple chinois veut la liberté".

Ils étaient nombreux à brandir des chrysanthèmes jaunes symbolisant le deuil de la liberté de la presse.

"Le groupe de médias Nanfang est relativement prêt à dire la vérité en Chine. Aussi devons-nous saluer son courage et le soutenir maintenant", a déclaré Ao Jiayang, un jeune homme aux cheveux teints en orange qui travaille pour une ONG.

"Nous espérons ainsi lutter pour la liberté de la presse en Chine", a-t-il ajouté. "La participation aujourd'hui montre qu'en Chine, de plus de gens ont une conscience civique."

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A Canton, manifestation devant le siège de l'hebdomadaire Nanfang Zhoumo, afin de soutenir une grève des journalistes contre l'ingérence du responsable de la censure dans la province du Guangdong. Les manifestants avaient posé devant eux des pancartes sur lesquelles étaient inscrits: "La liberté d'expression n'est pas un crime" et "Le peuple chinois veut la liberté". /Photo prise le 7 janvier 2013/REUTERS/James Pomfret