Le "plan de paix" d'Assad est rejeté par l'opposition
par Peter Graff et Erika Solomon
BEYROUTH (Reuters) - Le président Bachar al Assad a dévoilé dimanche un "plan de paix" visant à mettre fin à la guerre civile en Syrie, une initiative accueillie avec dédain par ses opposants qui y voient un subterfuge visant à s'accrocher au pouvoir.
Devant un auditoire de partisans enthousiastes réunis à la Maison de la culture de Damas, le chef de l'Etat, très offensif, a fait sa première apparition en public depuis novembre et prononcé son premier discours depuis juin.
Le "raïs" a invité ses compatriotes à se mobilier pour une "guerre visant à défendre la nation", qualifiant au passage les insurgés de terroristes à la solde de l'étranger avec qui il est impossible de négocier.
Sa nouvelle initiative, comprenant une conférence de réconciliation excluant "ceux qui ont trahi la Syrie", ne contient aucune concession et ne fait que "recycler" des propositions déjà rejetées par ses adversaires depuis le début, en mars 2011, du soulèvement armé.
Pour la Coalition nationale syrienne (CNS, rebelle), l'intervention du président constitue une tentative visant à contrarier un accord international, soutenu par les Arabes et les Occidentaux, sur la nécessité de sa démission.
Le secrétaire au Foreign Office, William Hague, a évoqué sur Twitter "des promesses creuses de réformes qui ne trompent personne". "Les morts, les violences et l'oppression dont la Syrie est victime relèvent de son seul fait", a-t-il souligné.
A Bruxelles, la porte-parole de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a fait savoir que les Vingt-Sept allaient "examiner avec soin s'il existe de quelconques éléments nouveaux dans le discours. Mais, a-t-elle ajouté, nous maintenons notre position, qui est que Bachar al Assad doit céder la place et permettre une transition politique".
A Ankara, le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, a lui aussi évoqué une répétition de promesses vides. "Ayant perdu son autorité sur le peuple syrien, le discours d'Assad n'a plus aucun caractère de persuasion (...) Il faut mettre en place une période de transition par l'intermédiaire de discussions avec des représentants de la nation syrienne", a-t-il dit. Suite...

