Le cinéma français à travers l'orage

dimanche 6 janvier 2013 15h55
 

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - Au-delà de "l'affaire Depardieu" et de son retentissement politique, le débat sur le financement du cinéma français s'est rouvert brutalement au point que la ministre Aurélie Filippetti est intervenue pour défendre un système "juste et vertueux".

C'est le producteur Vincent Maraval, l'un des fondateurs de la société de distribution de films Wild Bunch, qui a déclenché la tempête en publiant dans Le Monde du 29 décembre une tribune mordante sous le titre "Les acteurs français sont trop payés!"

Il y dénonce notamment le mode de financement -unique au monde- du cinéma français qui selon lui "repose de plus en plus sur une économie subventionnée" et les cachets exorbitants de certaines têtes d'affiche, "riches de l'argent public".

"Dany Boon, par exemple, ce chantre de la France profonde qui vit à Los Angeles, obtient des sommes qui laissent un Gérard Depardieu sur le carreau, ratatiné. 3,5 millions d'euros pour 'Le Plan parfait', dont les entrées ne seront pas suffisantes pour payer son salaire! Un million pour quelques minutes dans Astérix", écrit-il.

"Le fameux système d'aide du cinéma français ne profite qu'à une minorité de parvenus. Mais jamais cela ne provoquera un scandale aussi retentissant que l'exil fiscal de Gérard Depardieu", ajoute-t-il.

La décision de Gérard Depardieu, l'un des acteurs français les mieux payés, de s'établir en Belgique pour des raisons fiscales, alors que le pouvoir socialiste a décidé d'une taxe de 75% sur les hauts revenus, ne cesse de faire des remous politiques et artistiques en France.

L'argumentaire de Vincent Maraval a secoué voire choqué la profession, où les questions d'argent sont généralement taboues alors que cinéastes et acteurs américains ne s'interdisent pas d'afficher leurs cachets.

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Au-delà de "l'affaire Depardieu" et de son retentissement politique, le débat sur le financement du cinéma français s'est rouvert brutalement au point que la ministre Aurélie Filippetti est intervenue pour défendre un système "juste et vertueux". /Photo d'archives/REUTERS/Fred Prouser