Le président centrafricain veut mener son mandat à son terme

mardi 1 janvier 2013 15h31
 

par Paul-Marin Ngoupana

BANGUI (Reuters) - Le président centrafricain François Bozizé a appelé mardi les rebelles du Séléka à déposer les armes et à le laisser mener son mandat de chef de l'Etat jusqu'à son terme en 2016.

Les insurgés, qui campent à 75 km de la capitale Bangui, accusent Bozizé d'être revenu sur un des accords de paix de 2007 qui prévoyait une indemnisation financière et un emploi pour les anciens combattants ayant accepté de déposer les armes.

"Je répète que je ne serai pas candidat lors de l'élection de 2016, donc laissez-moi terminer mon mandat. Il ne me reste que trois ans", a plaidé Bozizé lors de son message de voeux pour le Nouvel An diffusé à la radio en sango, la langue vernaculaire.

Le chef de l'Etat a profité de cette allocution pour critiquer l'armée régulière qui a enregistré une série de revers militaires depuis l'offensive des rebelles du Séléka il y a trois semaines. Il a en revanche salué le rôle de l'armée tchadienne venue à son secours.

"L'armée n'a pas joué son rôle. Sans l'armée tchadienne, nous ne serions plus ici pour nous exprimer", a déclaré cet ancien général. "Je demande pardon à tous ceux qui vivent dans les zones occupées par les rebelles".

Le président tchadien Idriss Déby, dont le pays est membre de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC), a mis en garde les rebelles lundi de ne pas poursuivre leur progression au-delà de Damara, ville tenue par les forces gouvernementales à 75 km de Bangui.

Les dirigeants des pays de la région ont décidé d'envoyer 360 soldats supplémentaires pour soutenir l'armée centrafricaine et venant s'ajouter au demi-millier de militaires, principalement tchadiens, déjà déployés.

Les rebelles du Séléka hésitent désormais sur la stratégie à adopter : entamer des négociations avec le chef de l'Etat ou poursuivre leur marche en avant et renverser le président arrivé pouvoir à la faveur d'une insurrection en 2003.   Suite...

 
Le président centrafricain, François Bozizé (à droite), a appelé mardi les rebelles de la Séléka à déposer les armes et à le laisser mener son mandat de chef de l'Etat jusqu'à son terme en 2016. /Photo prise le 30 décembre 2012/REUTERS/Luc Gnago