François Hollande et la fiscalité, une histoire d'amour vache

dimanche 30 décembre 2012 19h29
 

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - François Hollande aime la fiscalité et ses pièges, c'est pourtant sur ce terrain qu'il a enregistré certains des revers les plus spectaculaires de son début de quinquennat: le recul face aux "pigeons" et désormais la censure de sa taxe à 75% sur les ultra-riches.

Ces échecs font écho aux atermoiements du candidat socialiste pendant la campagne présidentielle sur la fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG, quand ce qui semblait devoir être un chantier prioritaire était devenu un objectif "à terme".

Une autre polémique avait éclaté quand les socialistes ont émis l'idée de supprimer le quotient familial, une exception française dont le bénéfice est fortement concentré sur les ménages les plus riches. François Hollande a finalement décidé de se contenter d'abaisser le plafond de cet avantage fiscal.

L'"amour vache" de François Hollande pour la fiscalité avait déjà perturbé la campagne présidentielle de son ex-compagne Ségolène Royal, lorsqu'il avait jugé qu'on était "riche" avec 4.000 euros par mois, une formule qui avait aidé le futur vainqueur Nicolas Sarkozy.

Sortie du chapeau par le candidat socialiste pour consolider sa base électorale, la taxe à 75% sur les revenus dépassant un million d'euros par an avait surpris dans sa propre équipe, à commencer par celui qui allait devenir ministre du Budget, Jérôme Cahuzac.

Cette taxe est depuis devenue le symbole de la présidence Hollande à l'étranger et a été accusée de provoquer l'exil fiscal de grandes fortunes, à l'image de l'acteur Gérard Depardieu qui vient d'annoncer son départ en Belgique.

UNE TAXE DANS LES LIMBES

Après sa censure samedi par le Conseil constitutionnel, la taxe à 75% semble dans les limbes, sans nouveau calendrier précis ni détails sur la façon dont elle sera refondue.   Suite...

 
François Hollande aime la fiscalité et ses pièges, c'est pourtant sur ce terrain qu'il a enregistré certains des revers les plus spectaculaires de son début de quinquennat: le recul face aux "pigeons" et désormais la censure de sa taxe à 75% sur les ultra-riches. /Photo prise le 21 décembre 2012/REUTERS/Thibault Camus/Pool