La Syrie promise à l'enfer sans négociations, selon Brahimi

samedi 29 décembre 2012 17h44
 

par Alissa de Carbonnel et Peter Graff

MOSCOU (Reuters) - La Syrie connaîtra "l'enfer" faute d'une solution négociée au conflit qui fait rage depuis 21 mois, a averti samedi Lakhdar Brahimi, émissaire de l'Onu et de la Ligue arabe, qui achève à Moscou une semaine d'intenses consultations pour le moment infructueuses.

Le diplomate algérien et son hôte Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, ont tous deux estimé que cette solution pouvait encore être trouvée. Le chef de la diplomatie a toutefois souligné à nouveau que le départ du président Bachar al Assad ne pouvait être une condition à l'ouverture des négociations.

Exiger ce départ est une "erreur" et refuser le dialogue avec l'administration syrienne ne peut conduire qu'à une "impasse", a-t-il ajouté.

"Si nous n'avons le choix qu'entre l'enfer et une solution politique, chacun de nous doit travailler d'arrache pied au processus politique. C'est difficile, c'est très compliqué, mais il n'y a pas d'alternative", a quant à lui insisté Lakhdar Brahimi.

La capitale russe est devenue récemment la plaque tournante des initiatives diplomatiques en cours pour tenter de trouver une issue à un conflit qui a fait plus de 44.000 morts depuis mars 2011.

Les rebelles syriens gagnent régulièrement du terrain depuis la mi-2012 et les chancelleries occidentales et arabes espéraient voir Moscou prendre peu à peu ses distances avec Damas, mais le gouvernement russe, principal appui de Bachar al Assad sur la scène international, campe donc sur ses positions.

"AJUSTEMENTS"

"Quand l'opposition dit que seul le départ d'Assad lui permettra d'entamer le dialogue sur l'avenir de son propre pays, nous pensons que c'est contre-productif. Cette condition coûte des vies aux citoyens syriens", a déploré Sergueï Lavrov.   Suite...

 
Lakhdar Brahimi (à gauche), l'émissaire de l'Onu et de la Ligue arabe - ici à Moscou avec Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères - estime que la Syrie connaîtra "l'enfer" faute d'une solution négociée au conflit qui fait rage depuis 21 mois. /Photo prise le 29 décembre 2012/REUTERS/Sergei Karpukhin