28 décembre 2012 / 12:42 / il y a 5 ans

L'exécutif met en scène sa mobilisation pendant les fêtes

François Hollande lors de sa visite jeudi matin au marché international des produits frais de Rungis, près de Paris. L'exécutif français met en scène sa mobilisation en cette période de fêtes marquée par la crise économique et son cortège de mauvais chiffres, se montrant à l'affût de la moindre bonne nouvelle pour regonfler le moral en berne des Français. /Photo prise le 27 décembre 2012/Benoît Tessier

PARIS (Reuters) - L'exécutif français met en scène sa mobilisation en cette période de fêtes marquée par la crise économique et son cortège de mauvais chiffres, se montrant à l'affût de la moindre bonne nouvelle pour regonfler le moral en berne des Français.

François Hollande avait rappelé lors du dernier Conseil des ministres de l'année, le 19 décembre, "qu'une année faisait 365 jours et qu'il attendait de chacun (...) présence et vigilance".

Très critiqué l'été dernier pour avoir pris deux semaines de vacances en août, donnant l'impression qu'il n'avait pas encore saisi la gravité de la crise, le président français donne maintenant l'exemple en multipliant rendez-vous et déplacements.

Son agenda de ce vendredi, ponctué d'entretiens avec les ministres de l'Economie Pierre Moscovici, de la Défense Jean-Yves Le Drian et de l'Intérieur Manuel Valls est là pour illustrer que le chef de l'Etat est sur le pont.

Jeudi, François Hollande s'était levé à l'aube pour se rendre longuement au marché international des produits frais de Rungis, le "ventre" de Paris, auprès de la France "qui se lève tôt", comme le disait son prédécesseur Nicolas Sarkozy.

"Je devais dans cette période de fêtes dire aux Français que nous devons être tous sur le pont pour le travail et la lutte contre le chômage", a-t-il dit quelques heures avant la publication des chiffres de novembre qui ont montré une 19e hausse mensuelle consécutive du nombre de demandeurs d'emploi.

Il a ensuite longuement rencontré le directeur général de l'Organisation mondial du commerce (OMC), Pascal Lamy, qui a énigmatiquement quitté l'Elysée un doigt sur la bouche.

DES VOEUX TRÈS ATTENDUS

Ce grand commis de l'Etat, qui sera libre en 2013 à l'expiration de son second mandat à Genève, pourrait entrer dans le dispositif présidentiel, soit au gouvernement gêné par les accusations portées contre le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, qui doit se défendre d'avoir eu un compte bancaire en Suisse, soit à la tête d'une grande entreprise publique.

François Hollande préparera ensuite ses voeux du 31 décembre, très attendus avant une année 2013 qui s'annonce difficile avec une croissance plate qui rendra encore plus délicate la lutte contre les déficits.

"Les mots sont importants mais j'attends des actions", a déclaré vendredi sur BFM TV le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault, très critique sur l'action du président qui a également été raillée par des voeux au vitriol du Parti communiste français, signe du tangage à gauche.

Après les voeux, la soirée du président ne sera pas pour autant terminée: il se rendra dans un service public parisien, vraisemblablement un hôpital, dit-on dans son entourage.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui a été éprouvé par des bisbilles à répétition dans son gouvernement et sa descente aux enfers dans les sondages de popularité, est l'un des rares à prendre du repos en famille dans les Pyrénées-Orientales.

Mais il s'efforce d'être présent dans les médias et reste à l'affût de bonnes nouvelles, comme le cadeau de Noël que constitue l'annonce, vendredi, de la signature par les chantiers navals de Saint-Nazaire d'un contrat avec l'armateur Royal Caribbean Cruise Line pour la construction d'un énorme paquebot.

Cela permet d'assurer au moins jusqu'en 2016 la poursuite des activités dans une entreprise menacée de fermeture.

AYRAULT "NE PERD PAS UN INSTANT"

Jean-Marc Ayrault, dont le fief électoral se trouve dans la région, y a vu "un bel exemple qui redonne de la confiance et de l'espoir", parlant même sur RTL d'un "moment historique" qui prouve que, "quand on investit dans l'innovation, la qualité et la performance, il y a un moment où ça finit par payer".

Il entend montrer qu'il n'est pas en vacances.

"Je ne perds pas un seul instant, y compris là pendant ces fêtes où j'étais en famille, j'ai suivi d'heure en heure cette importante commande", a-t-il dit sur RTL.

Il devrait d'ailleurs réveillonner avec une association d'aides aux plus démunis à Paris.

La plupart des autres ministres affichent une activité quasiment égale à celle d'une période normale.

Manuel Valls est sur le pont et passera le réveillon du Nouvel An à surveiller les éventuels débordements, comme le traditionnel feu d'artifice de voitures brûlées du 31 décembre sur lequel il entend jouer la transparence, contrairement à Nicolas Sarkozy, qui avait choisi de ne pas publier leur nombre.

"J'ai cru comprendre que le ministre de l'Intérieur n'avait pas droit à des vacances", a-t-il dit mercredi à Strasbourg, haut lieu de ce phénomène, avant de rappeler vendredi à la gare du Nord de Paris qu'il était "mobilisé, vigilant".

La ministre du Logement, Cécile Duflot, est elle aussi sur le terrain pour trouver des solutions pour les familles qui risquent de se retrouver à la rue en hiver. Elle a rendu visite jeudi à des structures d'hébergement d'urgence à Bordeaux.

Figure quasiment obligée pour un ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian réveillonnera le 31 décembre en Afghanistan auprès des troupes françaises qui restent dans le pays.

Son voyage, qui devait rester secret pour des raisons de sécurité, a fuité lorsque la marque de produits laitiers Paysan breton a diffusé un texte dans lequel elle annonçait fièrement qu'elle fournirait 8.000 crêpes pour l'occasion.

Le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, fait la tournée des gares et des aéroports pour s'assurer que les voyages des Français se passent bien et le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, passera le réveillon de la Saint-Sylvestre avec des ouvriers.

Quelques ministres ont mis à profit la période des fêtes pour se ressourcer, comme Jérôme Cahuzac, qui évalue la stratégie à suivre face aux soupçons qui pèsent contre lui.

Yves Clarisse, avec Julien Ponthus

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