Bangui lance un appel à l'aide, les "cousins français" renâclent

jeudi 27 décembre 2012 17h37
 

par Paul-Marin Ngoupana

BANGUI (Reuters) - Le président centrafricain François Bozizé a demandé jeudi à la France et aux Etats-Unis de l'aider à repousser les rebelles du Séléka qui menacent la capitale, Bangui.

Mais l'ancienne puissance coloniale, qui a longtemps fait la pluie et le beau temps en RCA, a refusé en faisant savoir que ses troupes n'avaient pas d'autre mission que de protéger ses propres ressortissants.

Cet appel a coïncidé avec les efforts déployés par les dirigeants de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) pour arracher un accord de cessez-le-feu à des insurgés qui ont affirmé avoir stoppé leur avance sur la capitale pour permettre ces discussions.

"Nous demandons à nos cousins français et aux Etats-Unis, qui sont des grandes puissances, de nous aider à repousser les rebelles sur leurs positions initiales afin de permettre un dialogue à Libreville pour résoudre cette crise", a dit le chef de l'Etat centrafricain lors d'un discours prononcé sur la place principale de Bangui.

Jeudi, le président François Hollande a mis les points sur les 'i' en déclarant que Paris n'était pas présent en Centrafrique pour "protéger un régime", mais "pour protéger nos ressortissants et nos intérêts et en aucune façon pour intervenir dans les affaires intérieures d'un pays".

"Ce temps-là est terminé", a souligné le chef de l'Etat français lors d'une visite matinale aux halles de Rungis (Val-de-Marne). Paris compte aujourd'hui 250 militaires présents en RCA dans le cadre d'une mission de maintien de la paix.

VERS DES POURPARLERS AU GABON?

Le Quai d'Orsay a rappelé de son côté que la France condamnait "la poursuite des hostilités de la part des mouvements rebelles" et demandait à "toutes les parties centrafricaines de s'engager de bonne foi dans les négociations qui s'ouvriront prochainement à Libreville" entre le gouvernement centrafricain, les mouvements rebelles et l'opposition démocratique.   Suite...

 
Manifestation devant l'ambassade de France à Bangui. Le président centrafricain François Bozizé a demandé jeudi à la France et aux Etats-Unis de l'aider à repousser les rebelles du Séléka qui menacent la capitale, Bangui. /Photo prise le 26 décembre 2012/REUTERS