27 décembre 2012 / 10:40 / dans 5 ans

Brahimi prône des changements politiques en Syrie

par Dominic Evans et Erika Solomon

A Daraya près de Damas, obus gisant sur un terrain vague. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, recevra l'émissaire international pour la Syrie, Lakhdar Brahimi samedi à Moscou, où se sont déplacés en cette fin d'année les efforts diplomatiques pour trouver une issue au conflit qui a fait plus de 44.000 morts depuis mars 2011. /Photo prise le 23 décembre 2012/REUTERS/Fadi Al-Derani/Shaam News Network

BEYROUTH (Reuters) - L‘émissaire international pour la Syrie a déclaré jeudi que des changements politiques étaient nécessaires pour mettre un terme aux violences en Syrie, qui ont fait 44.000 morts depuis mars 2011.

Lakhdar Brahimi, à l‘issue d‘une mission de cinq jours à Damas, a appelé à la formation d‘un gouvernement de transition jusqu‘à l‘organisation d‘élections.

A Moscou, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a estimé que les chances de parvenir à une solution sur la base de la déclaration de Genève de juin 2012 diminuaient, ajoutant toutefois que l‘alternative serait “un chaos sanglant”.

“Plus cela continue, plus la situation s‘aggravera pour chacun”, a-t-il prévenu dans une interview à l‘agence Interfax.

Prenant la parole à l‘issue de sa visite en Syrie durant laquelle il a été reçu par le président Bachar al Assad, le diplomate algérien mandaté par l‘Onu et la Ligue arabe n‘est pas entré dans les détails de ses propositions. Il a cependant estimé qu‘il faudrait des changements substantiels pour satisfaire les doléances de la population syrienne.

Recevant à Moscou le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Faisal Makdad, Sergueï Lavrov a estimé que seuls un “dialogue élargi ainsi qu‘un processus politique entre Syriens” pourraient mettre un terme à la crise.

L‘appel de Lakhdar Brahimi à un gouvernement de transition suggère que le médiateur s‘efforce de capitaliser sur l‘accord international conclu il y a six mois à Genève prévoyant la formation d‘une instance provisoire, pouvant inclure des membres du gouvernement actuel et de représentants de l‘opposition, puis la tenue d‘élections.

Mais les insurgés ont repris l‘initiative militaire sur le terrain depuis Genève et l‘opposition politique a exclu l‘hypothèse d‘un quelconque gouvernement provisoire dans lequel le chef de l‘Etat jouerait un rôle.

“CHANGEMENT VERITABLE”

Jeudi, les insurgés ont repris leurs attaques contre la base militaire de Wadi Deif, proche du grand axe routier reliant Damas à Alep, la grande ville du Nord.

Aux abords de la capitale, les forces loyalistes tentent depuis des semaines de chasser les rebelles des faubourgs qui entourent Damas à l‘est et au sud.

“Il était assurément clair à Genève, et cela l‘est encore plus aujourd‘hui, que le changement nécessaire n‘est pas cosmétique ou superficiel”, a dit Lakhdar Brahimi lors d‘une conférence de presse à Damas avant de quitter la Syrie.

“Je crois que le peuple syrien a besoin, souhaite et aspire à un véritable changement et chacun sait ce que cela veut dire”. “Il faut former un gouvernement (...) doté de toutes les prérogatives de l‘Etat”, a-t-il dit.

“Ce processus de transition ne doit pas déboucher (...) sur l‘effondrement des institutions étatiques. L‘ensemble des Syriens, et ceux qui les soutiennent, doivent coopérer pour protéger ces institutions et les consolider.”

Radouane Ziadeh, du Conseil national syrien (CNS, opposition), a rejeté la proposition de l‘émissaire en la jugeant “irréaliste et fantaisiste”. Pour lui, on ne peut pas former un gouvernement provisoire à partir “des structures de sécurité et de services de renseignement existantes”.

PAS DE PLAN RUSSO-AMERICAIN

Le diplomate algérien est attendu samedi à Moscou pour une troisième série d‘entretiens avec des responsables russes et américains. Il a toutefois réfuté l‘existence d‘un plan russo-américain pour mettre fin à la crise en Syrie et déclaré qu‘il était prématuré de présenter “un plan complet”.

Un porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a également nié une quelconque initiative commune de Moscou et de Washington sur la question.

Les précédentes tentatives de règlement négocié de la crise syrienne ont toutes échoué, en partie parce que les grandes puissances sont divisées sur l‘analyse de la situation et les réponses à y apporter.

Ces derniers mois, Moscou a tenté de prendre ses distances avec Bachar al Assad, mais maintient qu‘un départ du président syrien ne peut être la condition préalable à des négociations.

Samedi, Sergueï Lavrov estimait ainsi qu‘aucun camp ne gagnerait la guerre civile en Syrie et ajoutait que la Chine et la Russie, alliées de Damas, seraient bien incapables de convaincre Bachar al Assad de quitter le pouvoir même si elles essayaient.

Sur le terrain, les opposants ont fait état jeudi de la destruction d‘un MiG gouvernemental près de la localité de Morek, dans la province de Hama, dans le centre du pays.

A Hama, des militants ont téléchargé une vidéo dans laquelle on voit apparemment des militaires et des miliciens progouvernementaux ‘chabiha’ en train de poignarder le corps d‘un homme décédé avant d‘y mettre le feu. L‘homme semble avoir été battu à mort.

Avec Marwan Makdesi à Damas et Steve Gutterman à Moscou; Jean-Loup Fiévet pour le service français

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