La France ne protège pas le régime centrafricain, dit Hollande

jeudi 27 décembre 2012 13h13
 

RUNGIS, Val-de-Marne) (Reuters) - La France n'est pas présente en Centrafrique pour protéger le régime de François Bozizé, menacé par les rebelles de l'alliance Séléka, mais pour protéger ses ressortissants, a déclaré jeudi François Hollande.

"Si nous sommes présents, ce n'est pas pour protéger un régime, c'est pour protéger nos ressortissants et nos intérêts et en aucune façon pour intervenir dans les affaires intérieures d'un pays, en l'occurrence la Centrafrique", a déclaré le chef de l'Etat en marge d'une visite au marché de Rungis, près de Paris. "Ce temps-là est terminé", a-t-il insisté.

Mercredi, un ministre du gouvernement centrafricain avait demandé l'intervention des soldats français stationnés dans le pays pour contrer la progression des rebelles venus du Nord, signalés à 75 kilomètres de la capitale Bangui.

Le même jour, des centaines de manifestants ont jeté des pierres contre la mission française à Bangui et déchiré le drapeau tricolore, dénonçant la passivité de Paris.

"Les Français qui résident à Bangui n'ont pas du tout été pris à partie, ils n'ont pas été menacés dans leur sécurité", a déclaré l'ambassadeur de France à Bangui, Serge Mucetti, au micro de RFI.

"Il y a eu simplement un groupe de quelques dizaines (...) d'éléments incontrôlés qui profitent de la situation et qui veulent déstabiliser la communauté internationale, qui veulent affaiblir le gouvernement centrafricain en se livrant à des actes de violences comme ils l'ont fait (hier) matin devant la chancellerie de France."

PARIS PRÔNE DES NÉGOCIATIONS

François Hollande a cependant ordonné la sécurisation des ressortissants français et de l'ambassade de France à Bangui, en réponse à l'attaque du bâtiment par des manifestants progouvernementaux. L'Onu a rappelé hier son personnel "non essentiel".

Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a annoncé jeudi que le chargé d'affaires de la RCA serait convoqué le même jour au Quai d'Orsay pour lui rappeler que le maintien de l'ordre, ainsi que la protection des communautés étrangères et des locaux diplomatiques relevait de la responsabilité du gouvernement de Bangui.   Suite...

 
Manifestants près de l'ambassade de France à Bangui. François Hollande a déclaré jeudi que la France n'était pas présente en Centrafique pour protéger le régime de François Bozizé, menacé par les rebelles de l'alliance Séléka, mais pour protéger ses ressortissants. /Photo prise le 26 décembre 2012/REUTERS