Après la prison des Baumettes, celle de Colmar pointée du doigt

mardi 25 décembre 2012 19h34
 

PARIS (Reuters) - Un rapport d'expertise judiciaire, établi à la demande d'un détenu, critique les conditions de vie dans la prison de Colmar (Haut-Rhin), trois semaines après la remise d'un rapport accablant sur celle des Baumettes, à Marseille.

Selon le rapport, les détenus vivent à trois dans des cellules de neuf mètres carrés, où l'aération est difficile et l'intimité presque inexistante, a souligné mardi Me Fabien Arakelian, l'avocat du détenu, sur France info.

En outre, les douches de ce bâtiment très ancien, construit en 1791, sont dans un "état de vétusté avancé", et le chauffage est "très sommaire", a-t-il ajouté.

"Je vais désormais saisir le tribunal administratif de Strasbourg pour obtenir réparation des conditions de détention indignes imposées à mon client", a expliqué l'avocat, qui a déjà contraint l'Etat, en juillet 2011, à indemniser deux détenus des maisons d'arrêt de Nanterre (Hauts-de-Seine) et de Bois d'Arcy (Yvelines).

Me Arakelian entend en outre saisir le même tribunal pour obtenir la mise en oeuvre de travaux de mise en conformité, alors qu'il existe un projet de construction d'une prison neuve pour le département.

La visite à Colmar de l'expert judiciaire, en octobre dernier, a été ordonnée par la cour administrative d'appel de Nancy.

La semaine dernière, le Conseil d'Etat a enjoint à l'administration pénitentiaire de dératiser et de désinsectiser la prison des Baumettes, à Marseille, dont le tribunal administratif a déjà ordonné une remise en état partielle.

Le contrôleur général des lieux de privation de liberté a récemment épinglé dans un rapport l'insalubrité "consubstantielle" au centre pénitentiaire des Baumettes, et saisi à ce sujet la ministre de la Justice.

Pour l'Observatoire international des prisons (OIP), qui prône la fermeture de la prison des Baumettes, l'ordonnance du Conseil d'Etat est nécessaire mais pas suffisante.

"Cela va dans le bon sens, mais c'est une demi-mesure largement insuffisante. C'est un cautère sur une jambe de bois", a dit à Reuters Me Lionel Febbraro, juriste de l'OIP.

Gérard Bon, édité par Hélène Duvigneau

 
LA PRISON DE COLMAR POINTÉE DU DOIGT