24 décembre 2012 / 11:59 / il y a 5 ans

Appel au calme en Inde après le viol d'une étudiante

Barrage de police pour tenter de restaurer le calme à New Delhi face aux manifestations déclenchées par le viol collectif d'une jeune femme. Les autorités indiennes ont réagi face au mouvement de protestation qui agite la capitale en fermant l'accès aux routes et aux gares à la suite de violents heurts entre police et manifestants. /Photo prise le 24 décembre 2012/Mansi Thapliyal

par Ross Colvin et Arup Roychoudhury

NEW DELHI (Reuters) - Les autorités indiennes ont réagi lundi face au mouvement de protestation qui agite New Delhi en raison du viol collectif d'une jeune femme en fermant l'accès aux routes et aux gares à la suite de violents heurts entre police et manifestants.

La victime, une étudiante de 23 ans, a été frappée et violée par six hommes à bord d'un autobus avant d'être jetée du véhicule en marche le 16 décembre. Elle est hospitalisée dans un état grave. Ses agresseurs présumés ont été incarcérés.

S'exprimant pour la première fois publiquement sur cette affaire, le Premier ministre indien, Manmohan Singh, a lancé un appel au calme. "Je vous assure que je vais tout faire pour assurer la sécurité de toutes les femmes de ce pays", a déclaré le chef du gouvernement dans une allocution télévisée, qualifiant le viol de la jeune femme de crime "monstrueux".

Le gouvernement Singh se voit souvent reprocher de ne pas être à l'écoute du peuple indien et est accusé de ne pas faire assez pour assurer la sécurité des femmes dans un des pays les plus dangereux au monde pour la gent féminine.

Dans les rues de New Delhi, les forces de l'ordre ont dressé des barricades sur les artères menant à la Porte de l'Inde, monument emblématique de la capitale où se sont rassemblés les manifestants ces derniers jours. De nombreuses stations de métro ont été fermées.

La vague d'indignation a touché d'autres villes, où des manifestations se sont déroulées sans accroc, et a éclipsé la visite officielle du président russe, Vladimir Poutine.

ÉLÉMENT DÉCLENCHEUR

Pour nombre d'observateurs politiques, de sociologues et de manifestants, le viol de la jeune femme a été un élément déclencheur, les Indiens considérant que le gouvernement délaisse les questions économiques et sociales.

"Les gens ne réagissent pas juste à un viol. Ils réagissent face à un malaise général, à leur frustration concernant les dirigeants. Ils ont le sentiment que ceux-ci sont complètement déconnectés", explique l'analyste politique Neerja Chowdhury.

New Delhi est la ville d'Inde où les crimes sexuels sont les plus fréquents. Un viol y est enregistré toutes les 18 heures par la police et 24.206 agressions sexuelles ont été rapportées cette année, une hausse de 9,2% par rapport à 2011.

Mais la brutalité de l'agression de la semaine passée a déclenché les plus importantes manifestations depuis des rassemblements contre la corruption qui avaient fragilisé le gouvernement du Premier ministre, il y a un an et demi.

Depuis ce viol collectif, les autorités ont promis un renforcement des patrouilles pour assurer la sécurité des femmes rentrant du travail ou de quartiers animés, une hausse du nombre de bus de nuit et la mise en place de comparutions rapides en justice dans les cas de viols et d'agressions sexuelles.

Mais les manifestants attendent des mesures plus appropriées et un engagement ferme du gouvernement contre les agressions sexuelles.

Avec les rédactions de Reuters en Inde, Marine Pennetier et Agathe Machecourt pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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