2012: la droite française, enfer ou purgatoire ?

vendredi 21 décembre 2012 21h53
 

par Emmanuel Jarry et Sophie Louet

PARIS (Reuters) - La défaite de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle laisse en 2012 une droite déboussolée et sans chef, dont le principal parti a offert le spectacle d'une guerre dévastatrice qui augure d'un avenir tempétueux.

L'UMP, créée il y a dix ans par Jacques Chirac pour réunifier les droites, achève l'année en lambeaux après une lutte fratricide entre Jean-François Copé et François Fillon pour sa présidence.

Un mois d'invectives, d'accusations, de chausse-trapes : le désormais premier parti d'opposition de France s'est plié dans la douleur à l'apprentissage de la démocratie interne, au désespoir de ses élus et militants et au soulagement de la majorité qui n'aurait jamais imaginé pareille diversion.

Le duel entre Jean-François Copé, sarkozyste de la dernière heure et l'ancien Premier ministre François Fillon, qui ambitionne de succéder à Nicolas Sarkozy à l'Elysée, a révélé une fracture idéologique à droite et la nécessité d'un aggiornamento face au Front national.

Tenant du "gaullisme social", d'une droite rassembleuse jusqu'au centre-gauche, François Fillon, porté par une popularité au long cours, pensait sa victoire acquise à l'élection du 18 novembre face au "bad boy" Jean-François Copé.

Le député-maire de Meaux, qui s'est présenté comme l'héritier putatif de Nicolas Sarkozy et a promis de s'effacer si ce dernier retente l'aventure présidentielle en 2017, a mené une campagne aux franges des thèmes du FN.

Il a suscité la controverse en abordant, notamment, les dérives présumées du communautarisme sous l'angle du "pain au chocolat" proscrit en période de ramadan.

L'"outsider" l'a finalement emporté d'une poignée de voix, un résultat contesté par François Fillon, qui a accusé son adversaire de fraude et a menacé de saisir la justice.   Suite...

 
La défaite de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle laisse en 2012 une droite déboussolée et sans chef, dont le principal parti a offert le spectacle d'une guerre dévastatrice qui augure d'un avenir tempétueux. /Photo prise le 28 novembre 2012/REUTERS/Benoît Tessier