Candidats à l'exil fiscal plus nombreux et aux profils variés

vendredi 21 décembre 2012 16h17
 

par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - Les candidats français à l'exil fiscal se bousculent aux portes des agences immobilières internationales et des cabinets d'avocats spécialisés depuis que le gouvernement a annoncé une série de mesures pour taxer les grosses fortunes.

L'acteur Gérard Depardieu, le patron de LVMH Bernard Arnault ou encore le fondateur du groupe lunettier français Alain Afflelou ne sont pas les seuls à chercher à quitter la France, de nombreux cadres et entrepreneurs aux profils variés cherchant à les imiter depuis cet été.

"Les impôts sont tout simplement trop élevés", estime l'avocat fiscaliste parisien Patrick Michaud, qui évoque la nouvelle tranche d'imposition à 75% pour les revenus annuels supérieurs à un million d'euros et l'impôt sur la fortune comme raisons invoquées par les candidats à l'exil fiscal.

En Belgique, par exemple, il n'y a ni ISF, ni taxation des plus-values mobilières et les droits de succession y sont plus faibles qu'en France, même si les salariés belges sont beaucoup plus taxés que leur homologues français.

Philippe Bruneau, président du cercle des fiscalistes français, estime qu'"aujourd'hui ce n'est pas seulement l'argent qui quitte le pays, ce sont aussi les cerveaux".

"L'âge moyen a beaucoup baissé, et beaucoup de jeunes gens qui ont créé des entreprises en France vendent pour en créer d'autres ailleurs", a-t-il déclaré à Reuters.

"Nous enregistrons effectivement beaucoup plus de demandes qu'avant mais tous ne franchissent pas le pas", confie un avocat fiscaliste à Lyon qui a requis l'anonymat.

"Une minorité seulement concrétise finalement ce projet de départ, mais ils sont quand même plus nombreux qu'avant à quitter la France", observe cet avocat.   Suite...

 
Les candidats français à l'exil fiscal se bousculent aux portes des agences immobilières internationales et des cabinets d'avocats spécialisés depuis que le gouvernement a annoncé une série de mesures pour taxer les grosses fortunes. La fiscalité ne constitue cependant pas la seule motivation à l'exil, l'intervention du gouvernement dans la gestion de sociétés privées étant également mal perçue, remarquent des fiscalistes et des agents immobiliers. /Photo prise le 13 janvier 2011/REUTERS/Andrea Comas