La "flexisécurité" à la française attendra 2013

jeudi 20 décembre 2012 22h14
 

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Patronat et syndicats ont ajourné jeudi leurs négociations sur une réforme du marché du travail en France faute d'être parvenus à des avancées franches vers un "compromis historique" appelé de ses voeux par François Hollande.

Les partenaires sociaux sont convenus de se retrouver les 10 et 11 janvier après deux jours de pourparlers au siège du Medef sur lesquels ils ont tiré des bilans contrastés.

D'un côté, la CGT et FO ont dénoncé "une situation qui n'avance pas" et la CFDT a déploré que les chefs d'entreprise ne bougent qu'à "un rythme d'escargot".

La CGPME et le Medef ont pour leur part invoqué la complexité des thèmes de négociations pour justifier leur prolongement au-delà de la date limite de fin décembre.

Mais le négociateur du Medef, Patrick Bernasconi, a salué comme un "point positif" le fait que, selon lui, il y ait "des avancées faites par un certain nombre d'organisations syndicales sur un certain nombre d'articles qui ne sont pas très loin de la rédaction finale".

Patrick Pierron, de la CFDT, un syndicat en pointe dans ces négociations entamées en octobre, lui a répondu en exprimant sa déception. "Je pense qu'on a un peu avancé durant ces deux jours, mais pas à la hauteur de l'urgence qu'impose le contexte français avec trois millions de chômeurs", a-t-il dit.

Le président François Hollande avait donné jusqu'à la fin de l'année aux partenaires sociaux pour parvenir à un accord "gagnant-gagnant" alliant une meilleure sécurisation de l'emploi réclamée par les syndicats et la flexibilité accrue du contrat de travail demandée par le patronat.

Le ministre du Travail Michel Sapin avait laissé ouverte la possibilité d'une prolongation début 2013 en déclarant mardi qu'il n'y avait aucune "date de péremption" pour la négociation. Mais il aussi indiqué que le gouvernement prendrait ses responsabilités avec une loi s'il n'y avait pas d'accord.   Suite...

 
Le "compromis historique" appelé de ses voeux par François Hollande pour réformer le marché du travail en France risque d'attendre 2013, aucun accord n'étant en vue jeudi entre les partenaires sociaux réunis depuis la veille au siège du Medef. /Photo prise le 19 décembre 2012/REUTERS/Jean-Paul Pélissier