Le retour aux affaires de Tapie vu avec suspicion

jeudi 20 décembre 2012 18h57
 

par Jean-François Rosnoblet

MARSEILLE (Reuters) - La reprise par Bernard Tapie des quotidiens du groupe Hersant dans le sud de la France est vue avec suspicion par la classe politique, qui a peine à croire que l'homme d'affaires ne s'en servira pas comme d'un tremplin pour la mairie de Marseille.

Bernard Tapie et Philippe Hersant ont rencontré jeudi les équipes de direction de Nice-Matin et de la Provence, qui font partie du lot avec Corse-Matin, de même que les quotidiens France-Antilles de Martinique, Guyane et Guadeloupe, mais pas les rédactions, sur leurs gardes face à l'offensive.

L'homme d'affaires leur a assuré n'avoir aucune intention de démanteler le groupe, dont les titres sont très rentables, alors que des rumeurs lui prêtent l'intention de vendre Nice-Matin pour garder uniquement la Provence, et a promis un plan fin janvier, ont rapporté des participants après la réunion.

Il s'est voulu rassurant en affirmant qu'il n'interviendrait dans la ligne éditoriale et qu'il voulait que la marque soit "incontournable sur les grands événements de la région", insistant notamment sur le rugby et le football.

"Je ne connais rien à la presse, mais il faut réinventer la PQR", la presse quotidienne régionale, a-t-il dit selon les mêmes sources avant de quitter les locaux sans rencontrer les médias. "C'est le défi le plus important de ma vie."

Un accord a été signé entre les banques créancières de Groupe Hersant Média et la famille Hersant associée à Bernard Tapie. Cet accord doit encore être présenté au président du tribunal de commerce lundi pour être définitivement homologué.

L'homme d'affaire sera président du conseil de surveillance et Philippe Hersant président du directoire, a dit Bernard Tapie aux dirigeants des journaux rencontrés jeudi. Il refuse en outre toute clause de cession qui permettrait aux journalistes de quitter le groupe moyennant des indemnités.

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La reprise par Bernard Tapie des quotidiens du groupe Hersant dans le sud de la France est vue avec suspicion par la classe politique, qui a peine à croire que l'homme d'affaires ne s'en servira pas comme d'un tremplin pour la mairie de Marseille. /Photo prise le 20 décembre 2012/REUTERS/Eric Gaillard