Le projet de réforme bancaire ne fait pas l'unanimité

mercredi 19 décembre 2012 17h45
 

PARIS (Reuters) - La réforme bancaire présentée par le gouvernement va beaucoup moins loin que ce qu'avait promis François Hollande, estiment des députés de droite et de gauche, mais les premiers s'en réjouissent tandis que les seconds condamnent ce "recul".

Le gouvernement a défendu mercredi son projet de réforme bancaire destiné à protéger les dépôts et l'épargne des Français en cas de faillite d'une banque, assurant que le texte présenté en conseil des ministres concrétisait la promesse de remettre la finance au service de l'économie.

Bien qu'il n'exige pas des banques françaises de séparer leurs activités de dépôts et leurs activités de marché, une séparation prônée par les partisans d'une réforme radicale, le gouvernement leur demande d'isoler dans une filiale dédiée leurs activités pour compte propre.

Le texte sera soumis à l'examen du Parlement au début 2013 et, même si le vote risque d'être serré au Sénat, il semble acquis à l'Assemblée, où le PS dispose d'une majorité absolue.

"J'ai remarqué que M. Hollande avait dit qu'il allait 'mettre à bas la finance', je remarque que ce n'est pas du tout ce qu'il fait et ce qu'il avait dit, qu'il y aurait une différence et qu'il y aurait une séparation, un cloison étanche, que les banques de dépôts ne seraient pas les banques d'investissements et de placements", a déclaré l'ancien ministre UMP Eric Woerth, qui se réjouit de ce changement supposé.

"C'est un recul mais c'est tant mieux, heureusement pour la place financière", a-t-il ajouté. "Heureusement qu'il a ouvert les yeux, il y a des centaines de milliers d'emplois dans la finance, la finance ce n'est pas le diable, ce sont les dérives de la finance qui sont le diable."

"BRICOLAGE"

Le député écologiste Noël Mamère estime que le gouvernement a cédé devant le groupe de pression bancaire.

"Ce texte n'est pas conforme aux engagements pris par la gauche pendant la campagne, elle a encore cédé à un nouveau lobby qui est le lobby des banquiers", a-t-il dit à Reuters.   Suite...

 
Le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, lors d'une conférence de presse sur le projet de réforme bancaire. Le projet présenté par le gouvernement va beaucoup moins loin que ce qu'avait promis François Hollande, estiment des députés de droite et de gauche, mais les premiers s'en réjouissent tandis que les seconds condamnent ce "recul". /Photo prise le 19 décembre 2012/REUTERS/Charles Platiau