Le feuilleton de la nationalisation de Florange est "clos"

mercredi 19 décembre 2012 14h22
 

PARIS (Reuters) - Le feuilleton de la nationalisation du site ArcelorMittal de Florange, encore défendue cette semaine par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, est clos, a déclaré mercredi la porte-parole du gouvernement.

"Nous sommes une équipe, tout le monde n'est pas forcément d'accord sur les solutions à retenir. (Mais) l'important c'est de jouer ensemble et c'est de savoir qu'en dernier ressort, c'est le Premier ministre qui tranche, c'est le Premier ministre qui fixe le cap et que tout le monde suit", a dit Najat Vallaud-Belkacem lors du compte rendu du conseil des ministres.

A la question de savoir si c'était le cas aujourd'hui, elle a répondu : "Tout le monde suit, parce que vraiment le feuilleton est clos."

Désavoué par Jean-Marc Ayrault, qui a privilégié le mois dernier un accord avec ArcelorMittal à l'expropriation du site mosellan de Florange, Arnaud Montebourg a défendu cette semaine dans les colonnes du Monde la nationalisation "temporaire" comme une "solution d'avenir". Cette "arme" est toujours "sur la table, et durablement", a-t-il dit.

"On peut perdre un arbitrage, c'est ce qui s'est passé, sans perdre ses convictions", a indiqué Najat Vallaud-Belkacem.

"Chacun sait qu'Arnaud Montebourg est un homme de conviction et personne ne doute que ses convictions nous sont très utiles dans le gouvernement. Parfois ces convictions prévalent dans les arbitrages, parfois elles ne prévalent pas. Elles n'ont pas prévalu sur Florange."

S'agissant de la nationalisation temporaire, la porte-parole a déclaré qu'il s'agissait d'un "instrument juridique qui fait partie de l'arsenal à notre disposition pour protéger nos intérêts stratégiques" et qu'il n'y avait "pas de raison de s'en priver quand les intérêts stratégiques du pays sont en jeu".

Pour autant, elle a jugé que chaque situation est particulière et qu'il fallait "regarder chacun des dossiers avec un grand pragmatisme".

Le ministre de l'Economie et des finances Pierre Moscovici a de son côté estimé dans la matinée que la nationalisation pouvait constituer une "arme dissuasive", mais ne devait pas être une "finalité en soi".

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

 
La porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem a déclaré lors du compte rendu du conseil des ministres que le feuilleton de la nationalisation du site ArcelorMittal de Florange, encore défendue cette semaine par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, était clos. /Photo prise le 20 février 2012/REUTERS/Vincent Kessler