François Hollande veut dépasser l'enjeu mémoriel en Algérie

mercredi 19 décembre 2012 09h06
 

par Julien Ponthus et Lamine Chikhi

PARIS/ALGER (Reuters) - François Hollande s'envole mercredi pour l'Algérie, où il veut dépasser l'aspect mémoriel d'une visite d'Etat censée établir un partenariat orienté vers des enjeux concrets, 50 ans après l'indépendance de l'ancienne colonie française.

Coopération industrielle, universitaire ou dans le domaine de la défense : Alger et Paris espèrent signer pas moins d'une quinzaine d'accords de partenariat à cette occasion.

Mais pour transformer l'essai, François Hollande devra trouver les mots pour rendre hommage, sans brusquer, aux centaines de milliers de victimes d'une guerre dont la France a tu le nom jusqu'en 1999.

"La mémoire est devenue un enjeu dans les relations commerciales et dans la circulation des individus", constate Rachid Tlemcani, enseignant en sciences politiques à l'université d'Alger.

Pour ce dernier, cette question est prise en otage par des "extrémistes" français ou algériens qui "instrumentalisent l'Histoire et la mémoire des deux peuples".

"Tout ce qui m'intéresse, c'est une facilitation pour obtenir un visa, tout le reste c'est de la littérature", témoigne ainsi Ahmed Mesbah, un jeune étudiant en journalisme à l'université d'Alger.

La question mémorielle demeure néanmoins sensible en France, comme l'a constaté François Hollande en reconnaissant, au grand dam de certains élus de l'opposition, la responsabilité de la France dans le massacre d'indépendantistes algériens à Paris le 17 octobre 1961.

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François Hollande s'envole mercredi pour l'Algérie, où il veut dépasser l'aspect mémoriel d'une visite d'Etat censée établir un partenariat orienté vers des enjeux concrets, 50 ans après l'indépendance de l'ancienne colonie française. /Photo prise le 17 novembre 2012/REUTERS/Benoît Tessier