18 décembre 2012 / 19:03 / il y a 5 ans

Le Medef veut croire à un accord sur le travail

La président du Medef Laurence Parisot. L'organisation patronale veut croire qu'un accord est possible cette semaine dans les négociations sur la réforme du marché du travail même si les positions restent éloignées sur la question du recours abusif aux contrats courts, que les syndicats veulent taxer. /Photo prise le 14 septembre 2012/Jacky Naegelen

PARIS (Reuters) - Le Medef veut croire qu'un accord est possible cette semaine dans les négociations sur la réforme du marché du travail même si les positions restent éloignées sur la question du recours abusif aux contrats courts, que les syndicats veulent taxer.

Les partenaires sociaux se retrouvent mercredi et jeudi au siège du patronat pour boucler ce cycle de négociations entamé en octobre.

François Hollande leur a donné jusqu'à la fin de l'année pour conclure un compromis qu'il souhaiterait "historique" reposant sur une sécurisation de l'emploi en échange d'une plus grande flexibilité du marché du travail, faute de quoi le gouvernement prendra ses responsabilités.

Au vu des positions actuelles, certaines voix évoquent déjà la possibilité d'une nouvelle session de négociations début janvier. Un des négociateurs se refuse à l'envisager en estimant que le seul fait d'imaginer une prolongation risquait de torpiller le rendez-vous à venir.

Lors de sa conférence de presse mensuelle, la présidente du Medef Laurence Parisot a estimé mardi que les pourparlers avaient "au moins une chance sur deux" d'aboutir cette semaine.

"Nous voulons aboutir parce que nous pensons que c'est l'intérêt de tous (...) Je pense que nous avons au moins une chance sur deux d'aboutir, peut-être un petit peu plus d'une chance sur deux", a-t-elle dit.

Le nouveau secrétaire général de la CFDT, le syndicat sur lequel repose les chances d'un tel accord, a assuré lundi dans les colonnes du Monde que rien n'était "signable" à ce stade.

"Si le patronat ne fait pas des pas importants avec des garanties effectives pour les salariés, il portera la responsabilité de l'échec", a averti Laurent Berger, qui vient de succéder à François Chérèque.

Son homologue de la CGT, Bernard Thibault, a laissé peu de doute sur l'attitude de son syndicat en dénonçant la "philosophie" qui a prédominé dans les discussions, à savoir selon lui celle d'une "plus grande flexibilité" du travail.

UN TEST POUR LE GOUVERNEMENT

En cas d'accord qui irait dans ce sens, il a indiqué que la CGT chercherait à s'y opposer "en faisant appel à l'intervention des salariés eux-mêmes".

Force ouvrière paraissant en retrait dans les négociations en cours, une signature de la CFDT, et dans son sillage celles probables de la CFTC et de la CFE-CGC, paraît la principale condition à une issue positive qui constituerait un succès de taille pour le gouvernement.

Dans l'entourage de François Hollande, on veut croire aussi à la possibilité d'un accord CFDT-Medef. "Soit ils signent cette semaine, ce qui n'est pas impossible, soit ils se mettent d'accord et ils se retrouvent en janvier le temps de consulter" leurs instances, a-t-on prédit, pour ajouter : "Mieux vaut un bon accord qu'une mauvaise loi".

Un compromis social est d'autant plus important pour le gouvernement que les agences de notation ont fait de la réforme du marché du travail un test de sa volonté de mener des réformes structurelles pour améliorer la compétitivité de l'économie française.

Le Medef a remis mardi aux syndicats un nouveau projet d'accord qui comprend quelques avancées sur des sujets comme la généralisation des complémentaires santé ou la création de droits rechargeables à l'assurance chômage deux sujets chers à la CFDT, même s'il reste vague sur les moyens de les financer.

Mais Laurence Parisot a répété que sans plusieurs mesures en faveur de la flexibilité, notamment la réduction des délais et la "sécurisation" des procédures de plans de sauvegarde de l'emploi, un accord ne pourra être signé par l'organisation patronale.

Surtout, elle a réaffirmé son opposition à la taxation des contrats courts de moins d'un mois. "Nous ne voyons pas en quoi aujourd'hui une taxation des contrats courts favoriserait les embauches", a-t-elle dit.

"La taxation des CDD ne changera rien, et au contraire risque de détruire quelques emplois qui ne peuvent pas se concevoir autrement que par des contrats courts", a-t-elle ajouté.

Yann Le Guernigou et Chine Labbé, avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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