Les syndicats d'ArcelorMittal tentent de refaire leur unité

mardi 18 décembre 2012 18h16
 

STRASBOURG (Reuters) - L'intersyndicale de l'usine ArcelorMittal de Florange (Moselle) s'est efforcée mardi d'afficher une unité quelque peu mise à mal par l'accord signé entre le gouvernement et la direction du groupe sidérurgique.

Alors que la CFDT, majoritaire à Florange, a accepté de participer au comité de suivi de cet accord, la CGT et Force Ouvrière s'y refusent après avoir claqué la porte, jeudi dernier, d'un comité central d'entreprise à Paris.

A l'issue d'une réunion, les trois syndicats ont réaffirmé, sur le site, leur revendication d'origine, à savoir "Redémarrage des hauts fourneaux et maintien de toute la filière packaging" en rappelant qu'elle n'était toujours pas satisfaite.

"Mittal aggrave la situation puisque de nouvelles lignes vont être mises à l'arrêt, notamment à l'usine d'Ebange (sur le même site industriel que Florange) et plusieurs lignes de production à Basse-Indre (en Loire-Atlantique)", ajoutent-ils.

ArcelorMittal s'est engagé à annuler son projet de plan social à Florange et à y investir 180 millions d'euros durant cinq ans. Il assure être toujours prêt à soutenir Ulcos, projet européen de production d'acier à faible émission de CO2, qu'il a toutefois retiré au dernier moment de l'appel d'offres européen qui venait à échéance début décembre.

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a évoqué la semaine dernière une "solution acceptable", alors que la CGT ne voyait rien de nouveau dans l'accord.

"Il est hors de question de négocier quoi que ce soit puisque dans cet accord, il n'y a rien", a dit à Reuters Jean Mangin, délégué CGT à Florange et l'un des porte-parole de l'intersyndicale.

Il souligne qu'il y aura bien sur le site un "PSE camouflé" pour les 629 salariés concernés par l'arrêt de la filière liquide prévue en mars, comme le reconnaît d'une certaine manière Henri-Pierre Orsoni, directeur d'ArcelorMittal Atlantique et Lorraine. Dans un entretien publié mardi dans Le Républicain lorrain, celui-ci note en effet qu'il y aura "200 départs naturels par an sur les trois années à venir".

"La CFDT souhaite participer au comité de suivi pour gratter ce qui reste à gratter", concède le syndicaliste. "S'il y a des stratégies différentes, on reste quand même dans un esprit dans un esprit fraternel", ajoute-t-il.

Gilbert Reilhac, édité par Sophie Louet

 
<p>L'intersyndicale de l'usine ArcelorMittal de Florange (Moselle) s'est efforc&eacute;e mardi d'afficher une unit&eacute; quelque peu mise &agrave; mal par l'accord sign&eacute; entre le gouvernement et la direction du groupe sid&eacute;rurgique. /Photo prise le 1er octobre 2012/REUTERS/Vincent Kessler</p>