December 18, 2012 / 12:57 PM / 5 years ago

L'unité reste un combat à gagner pour l'UMP

5 MINUTES DE LECTURE

Après un mois de psychodrame et d'accusations de fraude, Jean-François Copé et François Fillon ont conclu lundi un armistice dans la bataille pour la présidence de l'UMP mais la reconstruction de l'unité du parti ne sera pas chose aisée. /Photo prise le 18 novembre 2012/Benoît Tessier

PARIS (Reuters) - L'opposition de droite a poussé mardi un soupir de soulagement après l'armistice conclu entre Jean-François Copé et François Fillon dans la bataille pour la présidence de l'UMP, mais la reconstruction de l'unité du parti ne sera pas chose aisée.

Après un mois de psychodrame et des accusations de fraude, le président proclamé de l'UMP et l'ancien Premier ministre, qui contestait la régularité du scrutin interne du 18 novembre, ont trouvé lundi un compromis.

Le texte, qui prévoit une nouvelle élection à la présidence de l'UMP en septembre 2013, a été adopté mardi à l'unanimité en bureau politique, en présence des deux rivaux.

Mais "le diable est dans les détails", souligne un député "filloniste", et de fait, l'accord laisse des points en suspens et la défiance intacte dans les deux camps.

Il reste à préciser les modalités matérielles du vote - les procurations seront toutefois bannies -, la répartition des postes dans la future direction collégiale, ou encore la période de "réserve" qui sera imposée à Jean-François Copé et ses proches lors de la prochaine campagne électorale.

Qui plus est, François Fillon, qui avait assuré le 21 novembre sur TF1 qu'il renonçait à la présidence de l'UMP, a signifié mardi devant son groupe à l'Assemblée, le "R-UMP", qu'il n'avait pas dit son dernier mot.

Le député de Paris a précisé qu'il dirait en juin s'il est candidat ou non au prochain scrutin, qui devrait réveiller les ambitions au sein du parti.

Fillon, "blessé", Ne Renonce à Rien

"Je ne me défilerai pas si en juin ma candidature est nécessaire et utile", a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par des participants à la réunion.

Soucieux de restaurer son image auprès de l'opinion, avec la présidentielle de 2017 toujours en ligne de mire, François Fillon a déclaré mardi soir sur France 2 vouloir se "consacrer à un dialogue plus direct avec les Français qu'à travers une formation politique".

Quant à la possibilité d'une candidature au scrutin de 2013, il a expliqué qu'il prendrait cette décision "en fonction de la situation politique".

"Je ne veux pas que mes idées ne soient pas défendues", a-t-il souligné, alors qu'il a dénoncé une "fracture" idéologique au sein de sa famille.

"S'il y a quelqu'un qui est en mesure de défendre les idées qui sont les miennes, la ligne politique qui est la mienne, je serai absolument ravi de le soutenir. Si ça n'est pas le cas, je me réserve la possibilité de prendre une décision différente", a-t-il dit.

L'ancien Premier ministre a affirmé que même "blessé" par l'expérience, il ne regrettait pas "d'avoir mené ce combat".

Jean-François Copé a dit pour sa part qu'il se prononcerait "le moment venu" sur une nouvelle candidature.

Aux termes de l'accord, la campagne électorale se déroulera entre le 1er juillet et le 30 septembre, avec un premier tour de scrutin vraisemblablement à la mi-septembre.

Le groupe dissident "R-UMP", dont François Fillon faisait un outil de pression, sera dissous début janvier dès l'installation d'une direction paritaire où les postes de vice-président et secrétaire général, respectivement dévolus à Luc Chatel et Michèle Tabarot, seront "doublonnés" par des "fillonistes", Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse.

"Les séquelles Seront Lourdes"

Les soutiens de François Fillon craignent d'être condamnés par les "copéistes", qui "sont dans la place", à de la figuration.

"Les séquelles seront lourdes et il va falloir qu'on respecte bien la parole donnée pour retrouver la confiance", a résumé sur Europe 1 l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, dont la médiation a été décisive.

Le député UMP "non aligné" Benoist Apparu prédit des lendemains difficiles. "On ne balaie pas comme ça d'un trait de plume sous prétexte qu'il y a deux signatures au bas d'une page un mois de crise, un mois de tensions particulièrement lourdes".

Pour Henri Guaino, "il n'y a que des perdants".

Le chef de file des députés UMP, Christian Jacob, partisan de Jean-François Copé, veut croire que le "risque" d'une résurgence des luttes intestines est "battu en brèche" mais concède qu'il faudra "redoubler d'attention".

"La page est tournée", assure Jean-François Copé.

Celle de l'élection présidentielle de 2017 s'entrouvre.

L'accord ouvre en effet le chantier de la primaire de 2016 qui désignera le champion de la droite pour la prochaine présidentielle. Et François Fillon a pris date dès mardi soir.

"Je ne mène pas ce combat pour moi", a-t-il averti sur France 2.

Sophie Louet, Yves Clarisse, avec Emile Picy, Marine Pennetier et Gérard Bon

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