Nouvelle mobilisation à Alcatel-Lucent contre le plan social

jeudi 13 décembre 2012 12h20
 

ORVAULT, Loire-Atlantique (Reuters) - Près de 250 ingénieurs d'Alcatel-Lucent sont rassemblés depuis jeudi matin devant les grilles de leur site d'Orvault (Loire-Atlantique), près de Nantes, pour protester contre le plan social en cours chez l'équipementier télécoms.

Le démarrage de la procédure, qui prévoit la suppression de 1.353 emplois en France, doit être évoqué dans la journée lors d'un comité central européen à Vélizy (Yvelines). Le site d'Orvault, qui pourrait perdre 23 % de ses 550 salariés, serait proportionnellement l'un des plus touchés.

"L'exaspération est à son comble, on en a vraiment ras-le-bol", a dit Catherine Oger-Louet, secrétaire (CFDT) du comité d'entreprise de l'établissement, où 80 % des salariés observent selon elle le mouvement de grève.

"C'est notre cinquième plan social en six ans, et on applique toujours les mêmes méthodes avec aussi peu de succès", a-t-elle ajouté. "Les suppressions d'emplois ne rassurent ni les marchés -le cours de l'action ne s'est jamais aussi mal porté- ni nos clients, qui s'interrogent sur la pérennité de l'entreprise."

Les salariés d'Alcatel-Lucent déplorent également d'être éclipsés dans les médias par la restructuration en cours chez le sidérurgiste ArcelorMittal, deux destins pourtant liés, selon eux.

"Ce qu'on vit dans les télécoms, c'est ce que vit la métallurgie aujourd'hui, et ce qu'a vécu le textile avant nous", estime Catherine Oger-Louet. "Il faut vraiment que ce soit pris en compte par l'opinion publique et les politiques… C'est l'avenir de l'industrie française qui est en jeu."

Ce nouveau plan social chez Alcatel-Lucent survient au moment où les fabricants d'équipements télécoms traversent une période difficile face à la dégradation de la conjoncture, qui pèse sur les revenus de leurs clients opérateurs alors que la guerre des prix continue de faire rage dans le secteur.

Les équipementiers européens doivent en outre faire face à la concurrence des asiatiques Huawei et ZTE, particulièrement agressifs en matière de prix.

Le groupe franco-américain compte démarrer un plan de départs volontaires au terme de la consultation des représentants du personnel, qui durerait deux mois et prendrait fin le 30 juin 2013.

Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse