Jacques Servier mis en examen pour homicides involontaires

mardi 11 décembre 2012 19h45
 

PARIS (Reuters) - Le président-fondateur des laboratoires Servier, Jacques Servier, et six entités juridiques de son groupe ont été mis en examen mardi pour "homicides et blessures involontaires" dans l'enquête sur le médicament Mediator, qui aurait fait de 500 à 2.000 morts de 1976 à 2009, a-t-on appris de source judiciaire.

Jacques Servier, 90 ans, devra verser une caution de 75.000 euros et ses sociétés un total de 2,4 millions d'euros, ont ordonné les juges d'instruction à l'issue des auditions.

C'est un deuxième volet des poursuites puisque Jacques Servier était déjà poursuivi depuis septembre 2011 pour "tromperie sur la qualité substantielle d'un produit, escroquerie et obtention indue d'autorisation". Ses sociétés étaient déjà poursuivies pour les deux derniers chefs.

Les juges avaient alors imposé quatre millions d'euros de caution à Jacques Servier, ainsi qu'un garantie portant sur six autres millions. Ses sociétés avaient été frappées de 26 millions d'euros de caution et contraintes à une garantie de 39 millions d'euros.

L'évolution vers les charges d'homicides involontaires résulte "des premiers résultats d'expertises rentrées au dossier", qui laisseraient penser que Jacques Servier et ses sociétés n'ignoraient pas les risques liés au Mediator.

SERVIER MINIMISE

Me Hervé Temime, avocat de Jacques Servier, a estimé que cette nouvelle poursuite était attendue.

"Nous avons présenté de très longues observations aux juges et à la suite de ces observations, les juges ont écarté toute dissimulation à l'égard des autorités sanitaires à compter de 1995", a-t-il dit à Reuters.

"C'est une étape importante de l'instruction qui démontre la volonté des juges de ne pas se contenter d'une parcelle de vérité et d'établir toute les responsabilités", a-t-il ajouté.   Suite...

 
<p>Le pr&eacute;sident-fondateur des laboratoires Servier, Jacques Servier, et six entit&eacute;s juridiques de son groupe ont &eacute;t&eacute; mis en examen mardi pour "homicides et blessures involontaires" dans l'enqu&ecirc;te sur le m&eacute;dicament Mediator, qui aurait fait de 500 &agrave; 2.000 morts de 1976 &agrave; 2009. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau</p>