La rémunération des grandes patrons au niveau d'avant la crise

mardi 11 décembre 2012 20h09
 

PARIS (Reuters) - La rémunération totale des dirigeants des grandes entreprises cotées françaises s'est stabilisée en 2011 à des niveaux proches de ceux qui prévalaient avant la crise, selon une étude présentée mardi par le cabinet Proxinvest qui montre qu'elle reste largement déconnectée des performances, en particulier à long terme.

La rémunération totale moyenne annuelle des quarante dirigeants du CAC 40 a atteint 4,25 millions d'euros en 2011, en hausse de 4% par rapport à l'année précédente, soit près de dix fois le plafond imposé par le gouvernement à la rémunération des dirigeants des entreprises publiques.

Elle est aussi près de deux fois plus élevée que celle des 80 autres présidents exécutifs du SBF 120, qui constitue l'univers étudié par le cabinet de conseil de vote en assemblée générale dans son rapport sur la rémunération des dirigeants des grandes sociétés cotées françaises réalisé pour la quatorzième année consécutive.

Pour Proxinvest, la rémunération totale comprend la part salariale - fixe, variable et autres dont les avantages en nature - et la part actionnariale - stock-options et actions gratuites valorisées à la date d'acquisition - mais exclut les régimes de retraite supplémentaires, "faute de transparence suffisante".

En 2007, la rémunération totale moyenne des dirigeants du CAC 40 s'était établie à 4,73 millions et celle de leurs homologues du SBF 80 atteignait 2,22 millions.

En 2011, quatorze dirigeants français au lieu de onze en 2010 ont perçu une rémunération égale ou supérieure au plafond recommandé par Proxinvest de 240 Smic, soit actuellement 4,6 millions d'euros.

Retraité des indemnités de départ, en particulier du versement anticipé de 16,2 millions d'euros de bonus différés au patron de Publics, Maurice Lévy, la rémunération moyenne des patrons diminue de 3% pour le CAC 40 et 2,2% pour ceux du SBF 80, après des hausses de respectivement 32% et 50% l'année précédente.

ÉCHEC DE L'AUTORÉGULATION

L'ampleur de la baisse aurait pu être plus significative au regard de l'exercice 2011 marqué par une baisse des multiples de valorisation, une crise bancaire, une baisse de 17% du CAC 40 et un recul de 10% des bénéfices nets cumulés des entreprises entrant dans la composition de l'indice, relève Proxinvest.   Suite...

 
<p>La r&eacute;mun&eacute;ration totale des dirigeants des grandes entreprises cot&eacute;es fran&ccedil;aises s'est stabilis&eacute;e en 2011 &agrave; des niveaux proches de ceux qui pr&eacute;valaient avant la crise, selon une &eacute;tude pr&eacute;sent&eacute;e mardi par le cabinet Proxinvest qui montre qu'elle reste largement d&eacute;connect&eacute;e des performances, en particulier &agrave; long terme. /Photo d'archives/REUTERS/John Schults</p>