Le président égyptien annule son décret sans calmer l'opposition

dimanche 9 décembre 2012 19h32
 

par Alistair Lyon et Tamim Elyan

LE CAIRE (Reuters) - L'opposition au président égyptien Mohamed Morsi ne se satisfaisait pas dimanche du recul du chef de l'Etat sur le décret élargissant temporairement ses pouvoirs et elle l'a même accusé d'approfondir la crise avec le maintien d'un référendum samedi prochain sur une nouvelle Constitution.

Mohamed Morsi et les Frères musulmans, dont est issu le chef de l'Etat, ont répété au cours du week-end que le maintien du référendum le 15 décembre était essentiel pour sceller la transition vers la démocratie, entamée par la chute de l'ancien président Hosni Moubarak, en février 2011.

"C'est au peuple de décider de l'avenir, tant qu'il a la liberté de se rendre aux urnes dans le cadre d'un scrutin démocratique, libre et équitable", a insisté dimanche Hicham Kandil, le Premier ministre, dans un communiqué.

Porte-parole des Frères musulmans, Mahmoud Ghozlan a également demandé sur sa page Facebook à l'opposition d'accepter les "bases de la démocratie", tout en affirmant que le retrait du décret du 22 novembre mettait fin à toutes les controverses.

Ahmed Saïd, président du Parti des Egyptiens libres, s'est fait dimanche le porte-parole du Front de salut national (FSN), qui réunit une grande partie de l'opposition, en estimant que le refus des islamistes de repousser la consultation était une "déclaration de guerre" qui envenimait la crise dans laquelle le pays est plongé depuis le 22 novembre.

Sept personnes ont été tuées dans des affrontements entre partisans et opposants de Mohamed Morsi, au cours de manifestations qui ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes, en particulier autour du palais présidentiel d'Héliopolis, au Caire.

De nouvelles manifestations sont prévues autour du bâtiment malgré le déploiement de chars et l'installation de barbelés.

Ahmed Saïd a précisé le FSN se réunirait dans la journée pour donner sa réponse officielle aux propositions formulées dans la nuit par Mohamed Morsi, à l'issue d'un "dialogue national" boycotté par la majeure partie de l'opposition.   Suite...

 
<p>Mohamed Morsi (au centre), au palais pr&eacute;sidentiel, au Caire. Le pr&eacute;sident &eacute;gyptien a annul&eacute; samedi soir le d&eacute;cret qui &eacute;largissait ses pr&eacute;rogatives &agrave; l'origine d'une crise politique et de manifestations violentes en Egypte mais a refus&eacute; de reporter la date du r&eacute;f&eacute;rendum sur la nouvelle constitution comme le lui demandaient ses adversaires. /Photo prise le 8 d&eacute;cembre 2012/REUTERS/Pr&eacute;sidence &eacute;gyptienne</p>