8 décembre 2012 / 18:18 / dans 5 ans

Le Protocole de Kyoto prolongé de justesse jusqu'en 2020 à Doha

<p>A Doha, pr&egrave;s de 200 pays se sont mis d'accord samedi, apr&egrave;s de difficiles discussions, pour prolonger jusqu'en 2020 la dur&eacute;e de vie du protocole de Kyoto et poursuivre ainsi la lutte contre le r&eacute;chauffement climatique. /Photo prise le 26 novembre 2012/REUTERS/Fadi Al-Assaad</p>

par Alister Doyle et Barbara Lewis

DOHA (Reuters) - A Doha, près de 200 pays se sont mis d‘accord samedi, après de difficiles discussions, pour prolonger jusqu‘en 2020 la durée de vie du protocole de Kyoto et poursuivre ainsi la lutte contre le réchauffement climatique.

Mais cet accord est affaibli par le retrait de la Russie, du Japon et du Canada. De fait, les signataires ne représentent plus que 15% des émissions mondiales à effet de serre.

“Il faut en faire beaucoup, beaucoup plus si l‘on veut vraiment résoudre la question du changement climatique et réduire les émissions”, a regretté Kieren Keke, ministre des Affaires étrangères de Nauru, l‘un des plus petits pays du monde, au nom de l‘Alliance des Petits États insulaires.

Le ministre a affirmé que les Etats insulaires, comme Nauru, Tuvalu ou les Kiribati, étaient menacés par la montée des eaux, si l‘ensemble de la communauté internationale ne trouvaient pas un accord.

Les discussions, entamées il y a deux semaines dans le cadre de la XVIIIe session de la Convention cadres des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), devaient s‘achever vendredi. Elle se sont prolongées toute la nuit et une partie de samedi pour parvenir à un compromis.

En l‘absence d‘accord, le Protocole de Kyoto, qui oblige les pays industrialisés signataires à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, aurait expiré le 31 décembre.

Connie Hedegaard, commissaire européenne au Climat, a exprimé la satisfaction mesurée de l‘UE, à l‘issue des négociations, après l‘annonce de la prorogation du protocole de Kyoto.

“Ce n’était pas un chemin facile”, a-t-elle dit. “Ce n’était pas un chemin agréable. Ce n’était pas un chemin rapide, mais nous sommes arrivés à passer de l‘autre côté du pont, et avec un peu de chance, nous allons pouvoir accélérer.”

Le délégué russe, Oleg Chamanov, a expliqué que la Russie, la Biélorussie et l‘Ukraine étaient contre la décision de prolonger le Protocole de Kyoto au-delà de 2012. La Russie souhaitait des limites moins strictes en ce qui concerne les autorisations d’émissions de dioxyde de carbone non utilisées.

“C‘est quelque chose qui a sérieusement ralenti les efforts de la communauté internationale pour combattre le changement climatique”, a-t-il déclaré.

PRISE DE CONSCIENCE

Les décisions prises samedi reportent par ailleurs à 2013 la question de l‘augmentation de l‘aide financière aux pays en développement pour les aider à lutter contre le réchauffement climatique.

Tous les participants ont été d‘accord pour dire que les décisions de Doha sont en deçà des recommandations des experts scientifiques qui souhaitaient plus de fermeté pour lutter contre les vagues de chaleur, les tempêtes de sable et la sécheresse.

Le protocole de Kyoto, que les Etats-Unis n‘ont jamais ratifié, a contraint les 35 pays industrialisés qui y ont adhéré à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d‘au moins 5,2% par rapport aux niveau de 1990 sur la période allant de 2008 à 2012.

Mais les décisions prises samedi ne fixent pas de nouveaux objectifs.

Les émissions mondiales de dioxyde de carbone devraient avoir augmenté de 2,6% cette année. Elle sont de 50% supérieures à celles de 1990. Leur augmentation ces derniers temps est notamment due à la forte croissance industrielle de certains pays en développement, comme la Chine et l‘Inde.

La création en 1992 de la convention cadre sur le changement climatique a illustré une prise de conscience des pays industrialisés concernant les effets de la pollution, mais la majorité des experts estiment que le réchauffement se poursuit.

Malgré le ralentissement économique mondial, la concentration de gaz à effet de serre dans l‘atmosphère a par ailleurs atteint un niveau record en 2011, d‘après l‘Organisation météorologique mondiale.

Même si tous les pays respectaient leurs engagements actuels, la température mondiale augmenterait de plus de 3° Celsius d‘ici 2100. Or, pour le Groupe intergouvernemental d‘experts sur l’évolution du climat (Giec), un réchauffement de plus de 2°C entraînera une hausse du niveau des mers et des phénomènes extrêmes plus fréquents, tels qu‘inondations, sécheresses ou tempêtes.

De tels bouleversements perturberont les pratiques agricoles et l‘accès à l‘eau potable alors que la population mondiale est en pleine expansion.

Pour le Giec, la probabilité que le changement climatique soit d‘origine humaine est de plus de 90%.

Avec Regan Doherty; Bertrand Boucey et Jean-Philippe Lefief, Danielle Rouquié et Julien Dury pour le service français, édité par Guy Kerivel

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