Sursis pour des militaires jugés pour meurtre en Côte d'Ivoire

vendredi 7 décembre 2012 19h33
 

PARIS (Reuters) - Trois militaires français accusés du meurtre en 2005 en Côte d'Ivoire d'un présumé bandit de grand chemin, accusé d'exactions sur les civils, ont été condamnés vendredi par la cour d'assises de Paris à des peines de un à cinq ans de prison avec sursis.

Un quatrième accusé a été acquitté. La cour d'assises n'a pas suivi l'accusation qui avait requis deux peines de prison ferme et deux avec sursis.

Le colonel Eric Burgaud, qui a donné l'ordre de tuer, est condamné à cinq ans de prison avec sursis alors que l'accusation demandait cinq ans ferme. L'adjudant-chef Guy Raugel, qui admet avoir commis le meurtre, est frappé de quatre ans avec sursis alors que l'accusation demandait trois ans ferme.

La cour condamne par ailleurs le brigadier-chef Johannes Schnier, qui l'a aidé, à un an avec sursis. Le brigadier Lianrifou ben Youssouf, qui conduisait le véhicule où a été commis le crime, est acquitté.

L'ordre du colonel Burgaud "a gravement porté atteinte aux valeurs fondamentales de la République française", écrit la cour dans ses motivations.

Elle retient cependant la complexité de la situation en Côte d'Ivoire au moment des faits, "les limites indéniables du mandat de la force Licorne pour maintenir la paix, l'impuissance (...) à interpeller les coupeurs de route et faire cesser les exactions et enfin les scènes de crimes particulièrement traumatisantes auxquelles (les accusés) ont été confrontés".

Le verdict a été accueilli par des cris de colère des proches de la victime, à l'extérieur de la cour.

Firmin Mahé avait été emmené dans un blindé et étouffé par l'adjudant Raugel avec un sac en plastique. Mis en cause localement pour des atrocités, il sévissait dans la "zone de confiance" placée sous le contrôle théorique des hommes de Licorne, force française d'interposition sous mandat de l'Onu.

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<p>Trois militaires fran&ccedil;ais accus&eacute;s du meurtre en 2005 en C&ocirc;te d'Ivoire d'un pr&eacute;sum&eacute; bandit de grand chemin, accus&eacute; d'exactions sur les civils, ont &eacute;t&eacute; condamn&eacute;s vendredi par la cour d'assises de Paris &agrave; des peines de un &agrave; cinq ans de prison avec sursis. Un quatri&egrave;me accus&eacute; a &eacute;t&eacute; acquitt&eacute;. /Photo d'archives/REUTERS/St&eacute;phane Mah&eacute;</p>