François Hollande et Jean-Marc Ayrault à l'épreuve de Florange

jeudi 6 décembre 2012 19h07
 

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - Jean-Marc Ayrault, cible de critiques sur sa gestion du dossier de l'aciérie de Florange, se retrouve fragilisé à la tête d'une équipe divisée et expose François Hollande au risque de subir le "syndrome Gandrange" qui avait affaibli Nicolas Sarkozy.

Le Premier ministre s'est vu contraint jeudi de défendre la validité de l'accord conclu le 30 novembre avec ArcelorMittal sur l'avenir du site mosellan après que la Commission européenne eut annoncé le retrait du groupe sidérurgique du premier appel d'offres pour le projet d'acier "vert" Ulcos.

La nouvelle a eu l'effet d'une bombe pour les syndicats, même si le gouvernement et ArcelorMittal se sont empressés d'assurer qu'ils participeraient à un nouvel appel d'offres européen en 2013 pour le captage du CO2.

Les syndicats, reçus mercredi à Matignon, et les élus de Lorraine, qui ont vu à leur tour le Premier ministre jeudi matin, dénoncent au mieux un "enfumage", au pire une "trahison".

Edouard Martin, représentant CFDT de Florange et figure emblématique de la lutte, a déclaré la guerre à l'exécutif à l'ombre des hauts-fourneaux du site, à l'arrêt depuis 2011.

"NOUS ALLONS ÊTRE VOTRE MALHEUR"

"Nous avons maintenant deux ennemis : le gouvernement et Mittal", a-t-il déclaré les larmes aux yeux. "Nous allons être votre malheur", a-t-il lancé à l'adresse du chef de l'Etat.

Le député socialiste de la Moselle Michel Liebgott a fait écho à la défiance des syndicats, à l'issue de la rencontre avec Jean-Marc Ayrault, qui insiste sur la préservation de l'emploi grâce à l'accord conclu avec le géant mondial de l'acier.   Suite...

 
<p>Jean-Marc Ayrault, cible de critiques sur sa gestion du dossier de l'aci&eacute;rie de Florange, se retrouve fragilis&eacute; &agrave; la t&ecirc;te d'une &eacute;quipe divis&eacute;e et expose Fran&ccedil;ois Hollande au risque de subir le "syndrome Gandrange" qui avait affaibli Nicolas Sarkozy. /Photo prise le 11 novembre 2012/REUTERS/Philippe Wojazer</p>