Prison requise contre des militaires français pour un meurtre

jeudi 6 décembre 2012 13h23
 

par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - Au nom de l'exemplarité, des peines de prison de six mois avec sursis à cinq ans ferme ont été requises à la cour d'assises de Paris jeudi contre quatre militaires français accusés du meurtre en Côte d'Ivoire en 2005 d'un présumé bandit de grand chemin.

Cette affaire, qui concerne la force d'interposition Licorne des Nations unies, est la première de ce type visant l'armée française depuis la guerre d'Algérie.

Le procès a donné lieu à un débat sur le fonctionnement de l'armée, le suivi des ordres et leur légitimité.

La représentante de l'accusation, Annie Grenier, a souhaité rappeler publiquement un principe: "Le devoir du militaire est de désobéir à un ordre illégal (...) Il y a des fois où il faut réfléchir, et désobéir".

Cette règle de droit français, connue sous le sobriquet de "théorie des baïonnettes intelligentes", stipule que l'autorité légitime doit être combattue par ses subordonnés lorsqu'elle viole par ses ordres les principes fondamentaux du droit.

Les quatre militaires, le colonel Eric Burgaud, l'adjudant-chef Guy Raugel, le brigadier-chef Johannes Schnier et le brigadier Lianrifou ben Youssouf, sont accusés d'avoir tué le 13 mai 2005 Firmin Mahé, présenté comme un criminel ou "coupeur de route" brutal.

Après son arrestation, peu avant laquelle il avait été blessé par balle, Firmin Mahé avait été embarqué dans un blindé et étouffé par l'adjudant Raugel avec un sac en plastique. Mis en cause localement pour des atrocités, il sévissait dans la "zone de confiance" placée sous le contrôle théorique des hommes de Licorne.

La force de l'Onu était censée s'interposer entre les deux moitiés de la Côte d'Ivoire alors contrôlées par deux camps ennemis, mais sans disposer de pouvoirs coercitifs.   Suite...

 
<p>Des peines de prison de six mois avec sursis &agrave; cinq ans ferme ont &eacute;t&eacute; requises par l'accusation jeudi &agrave; la cour d'assises de Paris contre quatre militaires fran&ccedil;ais accus&eacute;s du meurtre en C&ocirc;te d'Ivoire en 2005 d'un pr&eacute;sum&eacute; bandit de grand chemin, Firmin Mah&eacute;. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard</p>