Deux figures du milieu marseillais mises en examen

mercredi 5 décembre 2012 22h36
 

MARSEILLE (Reuters) - Deux figures du milieu marseillais ont été mises en examen mercredi dans une affaire de marchés publics présumés frauduleux connexe à l'affaire Guérini, apprend-t-on de source judiciaire.

Bernard Barresi et Michel Campanella ont été mis en examen pour "faux et usage de faux", "blanchiment" et "association de malfaiteurs en vue du délit de trafic d'influence" par le juge d'instruction Charles Duchaine, de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS).

Après une cavale de 18 ans, Bernard Barresi avait été interpellé en compagnie de Michel Campanella en juin 2010 au cours d'un vaste coup de filet organisé par la police judiciaire.

Il a été acquitté en mars dernier par la cour d'assises du Haut-Rhin dans un dossier de braquage d'un fourgon de transport de fonds en 1990.

Le parquet de Marseille avait requis le mandat de dépôt mais les deux hommes, présentés comme des piliers du milieu marseillais, ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire.

L'audition des deux hommes au terme de leur garde à vue s'est tenue dans un palais de justice de Marseille protégé par de nombreux gendarmes.

Le juge Duchaine, qui enquête sur une série de marchés publics présumés frauduleux dans la région marseillaise, soupçonne l'existence de marchés de complaisance dans le secteur du gardiennage et des travaux publics entre des collectivités territoriales et des sociétés contrôlées par les deux mis en examen, présentés comme des proches d'Alexandre Guérini, frère du président PS du Conseil général des Bouches-du-Rhône.

Le juge Duchaine a demandé en octobre une nouvelle levée d'immunité parlementaire de Jean-Noël Guérini pour pouvoir l'entendre sous le régime de la garde à vue dans cette affaire. Le Sénat doit examiner cette demande le 12 décembre.

Charles Duchaine avait mis en examen Jean-Noël Guérini, notamment pour "association de malfaiteurs", en septembre 2011.

Le magistrat soupçonne Jean-Noël Guérini d'avoir utilisé son influence pour favoriser les affaires de son frère Alexandre Guérini, un entrepreneur également mis en examen pour "blanchiment" et qui a été placé en détention préventive près de six mois.

François Revilla, édité par Guy Kerivel