Le Tchad dénonce une violation d'accord sur l'Arche de Zoé

mercredi 5 décembre 2012 18h25
 

PARIS (Reuters) - Le président tchadien, Idriss Déby, a dénoncé mercredi une "violation d'accord" dans le dossier de l'organisation Arche de Zoé, affaire de tentative d'enlèvement d'enfants au Tchad il y a cinq ans.

Il a réclamé aux accusés la somme de six millions d'euros de dédommagement pour les familles des enfants.

"Je n'ai jamais, je dis bien jamais, pris un acte graciant les responsables de l'Arche de Zoé, que cela soit bien compris", a déclaré Idriss Déby dans la cour de l'Elysée après un entretien avec le président François Hollande.

"Les 'enleveurs' des enfants ont été libérés sans nous le demander, c'est une violation de l'accord. Je ne l'ai jamais dit, aujourd'hui je le dis : c'est une violation de l'accord", a-t-il ajouté.

De source diplomatique française, on précise que ces remarques sur un épisode datant d'avril 2008 concernent l'ancienne équipe au pouvoir sous Nicolas Sarkozy, à qui François Hollande a succédé en mai dernier.

A la question de savoir si les responsables de l'Arche de Zoé devaient être emprisonnés en France, Idriss Déby a répondu : "En principe oui, non seulement ça mais ils doivent aussi payer les six millions d'euros d'indemnisation des enfants tchadiens".

Le procès à Paris de l'affaire Arche de Zoé a commencé lundi en l'absence de l'ancien président de l'organisation caritative, qui ne s'est pas présenté à l'ouverture des débats.

Eric Breteau et ex-son bras droit, sa compagne Emilie Lelouch, se trouvent en Afrique du Sud et avaient fait savoir par fax au parquet qu'ils n'entendaient ni assister à leur procès ni se faire représenter par des avocats.

Le tribunal a décidé de les juger en leur absence.

Ils encourent jusqu'à dix ans de prison et 750.000 euros d'amende pour "escroquerie, exercice illégal de la profession d'intermédiaire en vue de l'adoption et aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers". Un mandat d'arrêt pourra être délivré contre eux.

Elizabeth Pineau, édité par Gilles Trequesser

 
<p>Idriss D&eacute;by, le pr&eacute;sident tchadien et Francois Hollande. Idriss D&eacute;by, a d&eacute;nonc&eacute; mercredi une "violation d'accord" dans le dossier de l'organisation Arche de Zo&eacute;, affaire de tentative d'enl&egrave;vement d'enfants au Tchad il y a cinq ans. /Photo prise le 5 d&eacute;cembre 2012/REUTERS/Philippe Wojazer</p>