Le banditisme corse en lumière au procès visant un cercle de jeu

mercredi 5 décembre 2012 16h29
 

par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - Le procès de dix membres et alliés présumés d'un clan de truands corses s'est ouvert lundi à Paris pour "association de malfaiteurs et extorsion" autour du cercle de jeu parisien Wagram, une affaire emblématique de ce phénomène criminel.

Prégnant depuis des décennies, le banditisme en Corse est revenu brutalement dans l'actualité avec l'assassinat de deux figures publiques, l'avocat Antoine Sollacaro mi-octobre et le président de la chambre de commerce d'Ajaccio Jacques Nacer un mois plus tard. Le gouvernement a promis d'agir.

L'épisode qui est jugé par le tribunal correctionnel de Paris donne une idée crue des moeurs des gangs corses.

Des écoutes téléphoniques menées en 2011 sur les membres d'un premier clan soupçonné d'exploiter le Wagram à des fins de blanchiment avaient permis aux policiers de vivre en direct le prise de contrôle de l'établissement par un clan rival.

Ce sont aujourd'hui les membres supposés de ce second clan qui comparaissent. Le Wagram est sous le coup d'une fermeture administrative et la justice poursuit l'enquête sur le premier clan "déposé" lors du putsch, où aurait officié Jean Testanière, proche de nombreuses personnalités parisiennes du show-business.

Les "victimes" du putsch, notamment Jean Testanière, ne sont pas parties civiles et ne se sont pas rendues à l'audience. Les supposés "assaillants" nient vigoureusement les faits et parlent de relations d'affaires. Ils n'ont pu s'exprimer eux-mêmes dans un première audience consacrée aux formalités.

"Il n'y a pas eu de sang, pas une victime même. Parce que les victimes, parlons-en. Ce sont des victimes bien étranges, ce sont des gens comme Jean Testanière qui sont tous mis en examen pour des faits autrement graves", a dit Me Francis Vuillemin, avocat d'Hervé Pacini, ancien banquier du cercle.

Il soutient qu'il n'a participé à aucune association de malfaiteurs et qu'il souhaitait simplement en 2011 reprendre sa place dans le monde des jeux où il a toujours travaillé. Les autres prévenus entendent aussi plaider la relaxe comme lui.   Suite...

 
<p>Le proc&egrave;s de dix membres et alli&eacute;s pr&eacute;sum&eacute;s d'un clan de truands corses s'est ouvert lundi &agrave; Paris pour "association de malfaiteurs et extorsion" autour du cercle de jeu parisien Wagram. /Photo d'archives/REUTERS/Stephane Mah&eacute;</p>