L'Otan approuve le déploiement de missiles Patriot en Turquie

mardi 4 décembre 2012 22h22
 

BRUXELLES (Reuters) - L'Otan a accepté mardi de déployer des missiles Patriot en Turquie pour renforcer les défenses turques à la frontière syrienne et elle a exprimé ses préoccupations quant à un possible recours aux armes chimiques par les forces favorables au président Bachar al Assad.

Ankara, qui redoute des tirs de missiles ou le recours à des armes chimiques de la part de Damas, a demandé le mois dernier le déploiement de missiles Patriot, après plusieurs semaines de négociations sur les moyens à mettre en oeuvre pour sécuriser les 900 km de frontière syro-turque.

"Au peuple turc, nous disons: 'Nous sommes déterminés à vous défendre, vous et votre territoire'", a dit Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l'Otan, à l'issue de la réunion à Bruxelles des ministres des Affaires étrangères des 28 Etats membres de l'Alliance atlantique. "A quiconque voudrait attaquer la Turquie, nous disons: 'N'y pensez même pas'."

Les Etats-Unis, l'Allemagne et les Pays-Bas fourniront les batteries de missiles. La mesure doit être adoptée par les parlements de ces deux derniers pays, ce qui retardera de plusieurs semaines le déploiement, mais la Turquie a immédiatement salué l'annonce.

"Cette décision est importante, car elle démontre et confirme à nouveau l'application pratique de la solidarité et de l'unité entre alliés", a affirmé dans un communiqué le ministère turc des Affaires étrangères.

Guido Westerwelle, ministre allemand des Affaires étrangères, a promis que la mesure serait adoptée par une "large majorité parlementaire" dans son pays.

La Syrie, la Russie et l'Iran ont de leur côté critiqué la décision, uniquement défensive selon l'Otan et l'ont accusé d'aggraver l'instabilité de la région.

Anders Fogh Rasmussen a, en outre, exprimé mardi la "grave" inquiétude des pays de l'Otan à la suite des rumeurs selon lesquelles le gouvernement de Bachar al Assad se préparerait à employer des armes chimiques.

"Toute action de ce type serait clairement inacceptable et enfreindrait clairement le droit international", a insisté le secrétaire général de l'Otan.

Damas a cependant exclu lundi de recourir à de telles armes, après une mise en garde de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.

David Brunnstrom, Adrian Croft et Justyna Pawlak; Jean-Philippe Lefief et Julien Dury pour le service français

 
<p>Les ministres des Affaires &eacute;trang&egrave;res des 28 Etats membres de l'Otan ont donn&eacute; mardi leur feu vert au d&eacute;ploiement de missiles Patriot pour renforcer les d&eacute;fenses turques &agrave; la fronti&egrave;re syrienne. Ankara, qui redoute des tirs de missiles ou m&ecirc;me le recours &agrave; des armes chimiques de la part de Damas, en avait fait la demande le mois dernier. /Photo prise le 4 d&eacute;cembre 2012/REUTERS/Yves Herman</p>